Les chrétiens irakiens se préparent à la guerre
Genève: L’archevêque chaldéen de Basra demande la fin des sanctions contre l’Irak
Genève, 31 janvier 2003 (APIC) Comme leurs compatriotes, les chrétiens chaldéens d’Irak stockent de la nourriture et du pétrole et se préparent à la guerre qui menace leur pays. C’est ce qu’a expliqué l’archevêque catholique chaldéen de Basra, Gabriel Kassab, lors d’une conférence de presse tenue le mardi 28 janvier au siège du Conseil oecuménique des Eglises (COE) à Genève.
L’archevêque effectuait une tournée en Europe pour réclamer la fin des sanctions des Nations Unies contre l’Irak et lancer un appel en vue de prévenir une nouvelle guerre. Aux journalistes qui lui ont demandé si les chrétiens irakiens craignaient des représailles en cas de guerre, l’archevêque a répondu que les communautés religieuses irakiennes vivaient en
harmonie.
«Nous avons tous peur. Les chrétiens sont des Irakiens, comme les musulmans chiites, comme les musulmans sunnites», a expliqué Mgr Kassab, en faisant référence aux deux groupes musulmans du pays. «Nous avons peur parce que nous sommes irakiens, et que l’Irak est menacée par cette guerre. Les chrétiens font partie de la population irakienne.» Interrogé sur les conséquences possibles d’une guerre sur les citoyens irakiens, l’archevêque a répondu: «Les gens fuient là où ils trouvent un refuge sûr.»
Les chrétiens représentent à peu près 3% de la population irakienne, majoritairement musulmane, soit quelque 700’000 personnes. Environ 70% parmi eux appartiennent à l’Eglise chaldéenne, qui est rattachée à l’Eglise catholique romaine. La population chrétienne, qui était autrefois de 5%, a diminué ces dernières années en raison de l’émigration et des morts durant deux conflits militaires – la guerre de huit ans entre l’Irak et l’Iran (1980-1988) et la guerre du Golfe de six semaines en 1991 – a déclaré l’archevêque Kassab à la journaliste de l’agence oecuménique ENI.
La population paie un lourd tribut aux sanctions de l’ONU
«Plus de dix années de sanctions, imposées par les Nations Unies après le refus de l’Irak de se conformer aux 19 résolutions des Nations Unies après la guerre du Golfe, font payer un lourd tribut à la population irakienne», déplore l’archevêque. En raison des guerres et de leurs conséquences, les habitants du sud de l’Irak souffrent de nouvelles maladies que les médecins ont du mal à identifier. On constate un nombre croissant de fausses couches et de malformations à la naissance. Les hôpitaux manquent d’équipement élémentaire, comme les seringues, et parfois les chirurgiens sont obligés d’opérer sans anesthésie.
Le Conseil oecuménique des Eglises, avec plusieurs organisations régionales comme le Conseil national des Eglises des Etats-Unis et le Conseil des Eglises du Moyen-Orient, a mis en garde à maintes reprises contre une intervention militaire. Le COE a demandé la levée des sanctions qui, souligne-t-il, sont inefficaces contre le régime en place et affectent principalement la population civile. (apic/eni/bb)




