Jéroboam n’est pas seulement une grosse bouteille de vin !

Genève: L’Eglise catholique fait sa pub

Pour l’Apic, Gladys Théodoloz, Genève

Genève, 15 décembre 2004 (Apic) Pour sa nouvelle campagne de pub, lancée le 15 février, l’ECR (Eglise catholique romaine – Genève) continue d’exploiter un filon qui lui réussit: celui du clin d’oeil complice et de la proximité bon enfant.

Dans les semaines à venir, une centaine d’affiches placardées sur les trams et les bus vont ainsi rappeler aux catholiques – et plus largement aux chrétiens – du bout du lac que «Jéroboam n’est pas seulement une grosse bouteille de vin» et que «Sion n’est pas seulement un club de football».

Au total, sept messages teintés d’humour, faisant appel à des objets de consommation courante (une marque de TV, un produit de nettoyage, du papier à cigarettes, un jeu vidéo, etc), dont le nom est directement inspiré de l’Ancien et du Nouveau Testament. Histoire de remettre l’Eglise au milieu du village tout en renforçant par effet de miroir sa vocation désintéressée, elle qui «n’a rien à vendre mais tout à donner». Histoire aussi d’inviter les fidèles à la solidarité en ces temps de vaches maigres.

Impact positif

Certes, les campagnes financières de ces deux dernières années ont eu un impact positif. Il y a eu une prise de conscience parmi les catholiques, assure Mgr Farine, évêque auxiliaire à Genève. Selon lui, certaines paroisses qui avaient une mentalité d’assistées s’assument mieux. Les chiffres, d’ailleurs, confirment cette embellie: alors que le total des recettes, en 2001, se montait à 4’200’000 francs, il a atteint 6’700’000 francs en 2004.

Autre signe de bon augure: la motion de solidarité lancée tout récemment par les responsables financiers et pastoraux de l’Eglise, invitant les 55 paroisses du canton à partager leurs bénéfices avec le vicariat.

Enjeu de taille

N’empêche que les soucis financiers de l’ECR demeurent, et ils perdureront aussi longtemps que la majorité des catholiques du canton continuera d’ignorer les besoins financiers de son Eglise locale, qui est la seule, en Suisse, à ne percevoir aucune subvention de l’Etat. Ce qui signifie que l’ECR doit assumer toute seule ses multiples charges, à commencer par le salaire des agents pastoraux prêtres et laïcs, lequel constitue plus du 70% de ses dépenses annuelles. Un salaire qu’il a été impossible, dans le projet de budget 2005, de réhabiliter comme prévu étant donné la précarité de la situation.

L’enjeu de la campagne financière 2005 consiste donc avant tout à élargir le cercle des donateurs, en mettant la puce à l’oreille des «fidèles» qui ne paient jamais leur contribution, par négligence ou indifférence. «Si les 100’000 ménages catholiques de Genève qui ne versent aucune contribution à leur Eglise se décidaient à payer chacun 100 francs, nos problèmes seraient résolus», indique Mgr Farine.

La campagne de pub 2005 devrait les y aider. C’est du moins ce qu’espèrent les responsables de l’ECR, qui consacrent chaque année, depuis maintenant trois ans, quelque 250’000 francs à cet effort de marketing.

Les illustrations de cet article sont à commander à l’agence CIRIC, Bd de Pérolles 36 – 1705 Fribourg. Tél. 026 426 48 38 Fax. 026 426 48 36 Courriel: ciric@cath.ch

(apic/gt/pr)

15 février 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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