Genève: L’Eglise protestante de Genève poursuit sa mue

Une «saine fierté au milieu de nos fragilités»

Genève, 22 novembre 2006 (Apic) Pour mettre fin à une hémorragie financière, l’Eglise protestante de Genève est passée, en huit ans, de 95 à 58 postes de pasteurs et de diacres. La mue se poursuit. Cependant, en lieu et place d’une révolution radicale, on entend désormais procéder à des changements permanents, afin de faire face aux changements qui se produisent dans la société. Sans que de nouvelles réductions de personnel soient en vue.

«L’horizon de l’Eglise n’est pas l’Eglise, mais le monde». C’est sous ce slogan qu’était placée la conférence de presse de l’Eglise protestante de Genève (EPG). Une Eglise dont l’une des ambitions consiste, justement, à «augmenter son audience en utilisant au mieux tous les moyens de communication». Autres ambitions, annoncées par le président Georges Bolay : une parole d’Eglise qui interpelle et accompagne ; un langage et une action adaptés aux divers publics auxquels on s’adresse. «Etre Eglise aujourd’hui, c’est retrouver, au coeur de nos nombreuses fragilités, une saine fierté qui peut les transfigurer», a encore déclaré Georges Bolay.

Il appartenait au directeur de l’EPG, Jean Biondina, de faire le point sur les nouveautés introduites durant l’année écoulée et sur celles qui se préparent. Par exemple, un spectacle musical qui vient d’attirer nombre de jeunes ou un «café-rencontres» qui a lieu tous les mardis matins au temple de Chancy. Un grand rassemblement, avec une soixantaine de communautés étrangères, est prévu en mai prochain à la cathédrale.

Imagination et créativité

Le modérateur de la Compagnie des pasteurs et des diacres, Roland Benz, se dit admiratif de la capacité d’imagination et de créativité de ministres dont le nombre a diminué. Une diminution qui, bien sûr, implique une surcharge de travail et l’abandon de certaines tâches traditionnelles. Ainsi, pasteurs et diacres font-ils moins de visites, ce qu’on peut déplorer. Des laïcs, bénévoles, sont appelés à prendre le relais. Le font-ils ? «Ce n’est pas un raz-de-marée, mais des jeunes manifestent leur intérêt». Comme toutes les Eglises historiques, l’EPG connaît «une panne de la transmission», reconnaît Roland Benz. La voie du catéchisme n’est plus suivie que par une petite frange. «Nous sommes au défi de trouver de nouvelles formes de rencontre des jeunes».

«L’ensemble de l’Eglise voudrait en faire bien davantage», souligne le modérateur. Cela suppose, entre autres, des moyens financiers. Sur ce plan, relève le trésorier, Michel Deferne, «on revient de loin». Désormais, on n’a plus le droit de vendre un immeuble pour équilibrer les comptes. Or, à Genève, les Eglises ne peuvent compter que sur la générosité des fidèles. Il s’agit donc, encore et toujours, de susciter leur générosité. (apic/mba)

22 novembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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