Le canton de Vaud demande à son tour des explications

Genève: L’Etat a gelé les subventions 2006 à l’Armée du Salut

Genève, 4 janvier 2006 (Apic) L’Armée du Salut ne touchera provisoirement plus un sou de l’Etat de Genève. Le conseiller d’Etat François Longchamp a décidé de geler pour 2006 les subventions cantonales allouées aux quatre établissements gérés par l’organisation d’entraide. Quant à l’Etat de Vaud, il demande des explications sur l’usage des subventions versées à l’Armée du Salut.

Dans une lettre adressée le 23 décembre au Quartier Général de l’Armée du Salut à Berne, François Longchamp fait savoir que l’Etat de Genève ne versera pas un franc à cette organisation tant qu’il n’aura pas reçu des «explications claires» sur les frais facturés aux filiales genevoises, a-t-il indiqué le 3 janvier à l’ATS. «Les réponses fournies par les cadres cantonaux ne concordent pas avec les explications données jusqu’ici par les dirigeants bernois», a souligné le magistrat en charge du Département de la solidarité et de l’emploi. Le gel de ces subventions a été demandé en décembre par la commission des finances.

Le canton de Vaud s’interroge également sur l’attribution de sa subvention allouée à l’Armée du Salut. Son Service de prévoyance et d’aide sociales a écrit au Quartier général de l’organisation pour savoir à quelles prestations correspondent les quelque 160’000 francs que lui ont versé les quatre structures vaudoises. Le canton rappelle dans sa lettre qu’il ne peut financer que des prestations en lien avec les résidents ou l’exploitation des structures concernées: un EMS, deux lieux d’accueil pour adultes en difficulté et une unité d’accueil de nuit. Il attend une réponse pour le 15 janvier.

Dans une déclaration datée du 2 janvier, l’organisation souligne sur son site internet que «le budget 2006 de l’Armée du Salut nationale prévoit un chiffre d’affaires d’environ 170 millions de francs. Les charges administratives générales (frais de fundraising inclus) s’élèvent à moins de 8 millions de francs, ce qui correspond à un taux de 4,7%». Ce qui «place l’Armée du Salut parmi les organisations caritatives dont les frais administratifs sont très modiques».

Le personnel à Genève menace d’entrer en résistance

La crise de confiance entre l’Etat de Genève et le Quartier général de l’Armée du Salut à Berne est intervenue lors du licenciement de la directrice de l’institution salutiste «Au Coeur des Grotte» pour femmes et enfants, la major Evelyne Gosteli. Celle-ci avait dénoncé à plusieurs reprises un manque de transparence dans la gestion financière du Quartier général, lequel, selon elle, engloutit des montants trop importants. Selon le quotidien romand «Le Matin», édition du 4 janvier, d’autres membres du personnel de l’institution «Au Coeur des Grottes», dont l’actuelle sous-directrice, soutiennent la directrice licenciée au 31 janvier et menacent d’entrer en résistance. (apic/com/ag/bb)

4 janvier 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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