Un antique bus VW tanzanien en vedette au Salon de l’auto
Genève: L’œuvre d’entraide MIVA au Salon de l’auto
Genève, 5 mars 1998 (APIC) Outre les premières mondiales, européennes ou suisses, un ancêtre tient la vedette au salon de l’automobile de Genève. L’antique bus VW de l’œuvre d’entraide MIVA (véhicules pour la mission) qui a parcouru en 40 ans 420’000 kilomètres sur les pistes africaines a pourtant failli être expulsé du Salon. Motif : trop délabré.
Aux yeux de certains dirigeants de la firme allemande, ce véhicule en trop mauvais état était une contre-publicité pour la marque. Le camouflage de la rouille a finalement permis de sauver les apparences. Le bus VW tanzanien peut raconter au visiteur sa longue histoire.
Fondée en 1932 par l’Association des étudiants des gymnases suisses, la MIVA s’occupe depuis 65 ans de fournir des moyens de transports adéquats dans les régions les plus pauvres et les plus isolées du globe, en Afrique, en Asie et en Amérique latine: du vélo au camion en passant par la moto, le cheval, le tracteur, les véhicules tout terrain, les bateaux ou les ambulances. Aujourd’hui la MIVA investit plus de deux millions de francs par an dans quelque 250 projets. «Des moyens de transport adaptés ne permettent pas seulement d’atténuer la faim et de freiner l’exode rural, ils encouragent aussi la volontéé des gens de rester dans leur pays», souligne Peter Eigenmann, directeur de la MIVA.
Cet ancien ingénieur, qui a lui-même travaillé dans le tiers-monde, est très heureux de la curiosité suscitée par le stand genevois. «Tout le monde s’approche pour voir de près ce véhicule d’un autre âge dont le pare-brise peut se relever.» «VW a finalement heureusement compris notre démarche. Le chef de la recherche du développement et du design de VW Allemagne a été très positif. Il est intervenu auprès de la direction du Salon pour régler l’affaire.»
Le bus VW de 1960 a parcouru des centaines de milliers de kilomètres en Tanzanie pendant près de 40 ans, à travers la forêt tropicale, les zones désertiques, sur des pistes cahoteuses. Il a permis de sauver des dizaines de vies humaines. Dans des centaines de situations de détresse il a représenté l’espoir et la survie. L’histoire raconte même qu’il a vu naître plusieurs bébés. Une chose est sûre : il n’a jamais roulé à vide, transportant inlassablement personnes, animux, vivres, ou médicaments. En Suisse tout le monde se plaint du trafic et du bruit des véhicules. Dans certaines régions du monde, le grondement d’un véhicule qui s’approche est signe d’espoir.
Un centime par kilomètre
La MIVA , qui participe pour la première fois au Salon de l’auto, vise surtout à promouvoir son club «Un centime par kilomètre». Le principe en est très simple: les membres s’engagent à verser à la MIVA un centime par kilomètre parcouru. Ainsi celui qui roule 10’000 kilomètres par an fera un don de 100 francs. Le lien avec la MIVA est symbolisé par un autocollant que le donateur collera sur la vitre arrière de sa voiture, le réservoir de sa moto, le pare-boue de son vélo ou même son abonnement de train. (apic/mp)



