M. Barankitse reçoit sa distinction à Bruxelles le 22 juin prochain

Genève:La Médaille Nansen 2005 décernée à une ancienne de l’Oeuvre St- Justin à Fribourg

Bruxelles/Genève, 10 mai 2005 (Apic) La Médaille Nansen pour les réfugiés 2005 sera officiellement remise le 22 juin prochain à Bruxelles à l’occasion de la Journée mondiale du réfugié à la Burundaise Marguerite Barankitse, surnommée «l’ange du Burundi». Maggy Barankitse fut boursière de l’Oeuvre St-Justin et une ancienne élève de l’Ecole Bénédict à Fribourg, où elle a étudié de 1988 à 1990.

Fondatrice de la «Maison Shalom» à Ruyigi, dans l’est du Burundi, Maggy Barankitse est une intellectuelle issue d’une famille aisée de propriétaires terriens tutsis. Parce que, à leurs yeux, elle a trahi leur cause en accueillant sans distinction les enfants de toutes les ethnies, certains extrémistes tutsis l’appellent «la punition des tutsis». Mais elle s’est également retrouvée plus d’une fois dans le collimateur des rebelles hutus. Dans son pays tourmenté, elle est devenue la «grand-mère» de milliers d’orphelins de la guerre ou du sida.

Appelée parfois familièrement la «folle de Ruyigi» en raison de sa bravoure, Maggy Barankitse a consacré ces 12 dernières années à répondre à la détresse de plus de 10’000 enfants de toutes origines ethniques, victimes de la guerre civile du Burundi et autres conflits déchirant la région. (Cf. www.maison-des-anges.org) «Depuis le jour de mon baptême, le 26 juillet 1956, je n’appartiens plus à aucun clan, je suis devenue chrétienne; j’ai alors décidé d’accueillir dans ma famille des enfants hutus rescapés des tueries de 1972», a-t-elle déclaré à l’Apic.

Maggy Barankitse a déjà reçu de nombreuses récompenses, dont le Prix des enfants du monde, appelé aussi le «Nobel des enfants», et en 1998 le Prix des Droits de l’Homme attribué par le gouvernement français dans le cadre des cérémonies de célébration du 50ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Un engagement humanitaire hors pair

Le Comité de la distinction Nansen pour les réfugiés a voulu récompenser l’engagement humanitaire de Maggy Barankitse, directrice de l’ONG «Maison Shalom» (la maison de la Paix), et rendre hommage à son engagement sans répit en faveur des enfants séparés de leurs familles, dont la vie a été brisée par la guerre et le fléau du sida.

La distinction Nansen pour les réfugiés, créée en 1954, est décernée une fois l’an à des personnes ou à des organisations en reconnaissance de leurs services exceptionnels à la cause des réfugiés. Elle porte le nom de l’explorateur norvégien Fridtjof Nansen (1861 – 1930), qui fut le premier Haut Commissaire pour les réfugiés. Le passeport qui porte son nom a été le premier document de voyage pour les réfugiés et les apatrides.

C’est en 1993, durant la guerre civile au Burundi, que Maggy Barankitse commence son action, en sauvant les vies de 25 enfants. Elle vient d’assister au massacre de 72 personnes – dont des prêtres et des religieuses – dans sa ville de Ruyigi, où elle était enseignante. Peu après le début de la guerre civile en octobre de cette année-là, elle crée la «Maison Shalom» à Ruyigi, l’une des provinces les plus pauvres du pays.

Apprendre à revivre

Ce centre d’accueil offre, entre autres, abri, soins et cours pédagogiques à des enfants déplacés et isolés, y compris des réfugiés et des rapatriés. Elle a, depuis, ouvert trois autres foyers pour enfants et en a aidé plus de 10’000 autres issus de diverses ethnies et nationalités. Beaucoup ont été les témoins ou victimes d’actes de barbarie.

Dans ces villages, les enfants mutilés par la machette des tueurs, traumatisés par l’assassinat de leurs parents, bébés malades du sida ou fillettes violées par la soldatesque, tous réapprennent l’amour et la chaleur humaine. Ils apprennent à tenir un foyer, à élever des animaux et à gagner leur vie. Les centres gèrent aussi un cinéma, une piscine publique, un salon de coiffure et une pension de famille à Ruyigi. De leur côté, les réfugiés de retour au Burundi reçoivent une aide pour faire démarrer des petits projets qui leur permettent de gagner un peu d’argent. Ils apprennent la soudure, la menuiserie, la fabrication du savon…

L’engagement humanitaire exemplaire de Maggy Barankitse a été largement reconnu et salué: elle a déjà obtenu, en 2004, le «Four Freedom Award» de l’Institut Franklin et Eleanor Roosevelt ainsi que le «Voices of Courage Award» de la Women’s Commission for Women and Refugee Children, basée aux Etats-Unis. La Médaille Nansen, qui comporte un prix de 100’000 dollars pour un projet en faveur des réfugiés proposé par le ou la lauréate, sera officiellement remise à l’occasion de la Journée mondiale du réfugié, lors d’une réception qui se tiendra à Bruxelles, en Belgique, le 22 juin prochain. (apic/com/be)

10 mai 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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