Non respect croissant des principes humanitaires, selon S. Ogata

Genève: La Médaille Nansen du HCR pour l’aide aux réfugiés à une religieuse américaine

Genève, 13 octobre 1997 (APIC) Une religieuse franciscaine nord-américaine, Sœur Joannes Klas, 63 ans, a reçu lundi la médaille Nansen du HCR pour son «travail exemplaire», ces quinze dernières années, auprès des réfugiés guatémaltèques en Amérique centrale. C’est Madame Sadako Ogata, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), qui lui a remis la prestigieuse distinction au cours d’une cérémonie lundi matin au Palais des Nations à Genève.

Originaire de Belgium, dans l’Etat américain du Wisconsin, Sœur Joannes Klas, de l’ordre des sœurs de saint François, est arrivée au camp de réfugiés guatémaltèques d’El Tesoro, au Honduras, en 1982. Elle avait déjà trente ans d’expérience en tant qu’enseignante auprès d’élèves à problèmes du primaire et du secondaire aux Etats-Unis. En 1991, les réfugiés désirant rentrer au pays lui ont demandé de retourner avec eux au Guatémala, où elle s’est engagée dans des programmes communautaires visant à améliorer les conditions de vie des rapatriés, qui avaient été chassés de leurs terres par la répression militaire.

La Médaille Nansen, qui récompense l’engagement de la religieuse catholique américaine, tient son nom du diplomate et explorateur norvégien Fridtjof Nansen, premier Haut Commissaire pour les réfugiés à l’époque de la Société des Nations (SDN). Cette distinction a été créée pour sensibiliser l’opinion publique sur le sort des réfugiés et pour souligner l’importance de l’aide internationale en faveur des déracinés.

En sélectionnant la lauréate de cette année, Sadako Ogata a rendu hommage à la lutte que mènent des milliers de travailleurs humanitaires dans 125 pays, afin d’améliorer les conditions de vie des millions de réfugiés dispersés aux quatre coins du monde. Elle a affirmé au cours de la cérémonie que sans ces travailleurs humanitaires, dont un certain nombre ont trouvé la mort sur le terrain ces dernières années, il serait impossible au HCR d’accomplir sa mission d’assistance.

Nombre d’Etats ne respectent plus les principes humanitaires

A ce propos, le Haut Commissaire pour les réfugiés a lancé un appel aux gouvernements afin qu’ils prennent les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des organisations humanitaires engagées sur le théâtre des opérations. «Les symboles de l’ONU, de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge ne nous donnent plus la protection que nous supposions», s’est-elle inquiétée. Les travailleurs humanitaires, mais aussi les principes humanitaires, «ne sont plus respectés dans diverses parties du monde». Des pays refusent d’accorder l’asile aux réfugiés et les renvoient de force. Et, faisant allusion notamment aux pays des Grands Lacs, en Afrique, de dénoncer le fait que les massacres, les attaques armées, la famine et la purification ethnique ont causé la mort de nombreuses personnes dans des circonstances tragiques.

La protection des réfugiés est en crise

«L’application des principes qui régissent la protection des réfugiés est en crise dans diverses parties du monde. Ceci est le résultat, en grande partie, du fait que les Etats ne sont pas disposés à respecter leurs engagements internationaux», a constaté Mme Ogata.

La cérémonie de remise de la Médaille Nansen a été suivie de l’ouverture de l’exposition consacrée à F. Nansen, dans le musée de la bibliothèque de l’ONU. Il y a 76 ans, Fridtjof Nansen était nommé premier Haut Commissaire pour les réfugiés et le passeport qui porte son nom, créé il y a 75 ans, était le premier document de voyage pour les réfugiés et les apatrides. (apic/kna/com/be)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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