Déception des groupes religieux et de défense des droits humains

Genève: La question des dalits absente de la conférence sur le racisme

Genève, 24 avril 2009 (Apic) Un mot «intouchable» n’apparaît nulle part dans la déclaration de la conférence des Nations Unies à Genève chargée d’examiner les progrès réalisés dans la lutte contre le racisme, dénoncent des groupes religieux ou de défense des droits humains. C’est celui de «dalit» par lequel est désigné un groupe du sud de l’Asie, considéré comme intouchable ou appartenant à une caste inférieure.

«Cette question a été esquivée par certains gouvernements, les dalits sont tout simplement traités comme des êtres moins qu’humains et ils n’ont aucun moyen de faire valoir leurs droits», a déclaré aux journalistes Rikke Nörhrlind, coordinateur du Réseau international de solidarité avec les dalits, lors d’une séance d’information au Palais des Nations pendant la conférence des Nations Unies.

La conférence qui s’est déroulée du 20 au 24 avril a mêlé politique et polémique, souligne l’agence oecuménique ENI. La religion et les groupes religieux ont joué un rôle de catalyseur en marge de cette conférence qui visait à examiner les progrès réalisés dans l’accomplissement des objectifs fixés à la conférence des Nations Unies sur le racisme qui s’était tenue à Durban, en Afrique du Sud; elle a d’ailleurs été qualifiée de Durban II.

«La discrimination fondée sur l’appartenance à une caste est l’une des questions les plus importantes qui n’aient pas été traitées à cette conférence», a estimé Peter Prove, de la Fédération luthérienne mondiale (FLM). Juriste originaire d’Australie, ce défenseur des droits de l’homme travaille depuis de nombreuses années avec la FLM, basée à Genève, à l’élimination de la discrimination envers les dalits.

Au terme du deuxième jour de la conférence, de hauts responsables des Nations Unies se félicitaient de l’adoption d’»un document final soulignant la nécessité de s’attaquer avec encore plus de fermeté à toutes les manifestations de l’intolérance». Pourtant, le lendemain, un groupe d’organisations non gouvernementales et religieuses, dont la FLM, publiait une déclaration demandant à la communauté internationale de prendre des mesures pour combattre la discrimination fondée sur l’appartenance à une caste, qui bafoue les droits de 250 millions de personnes dans le monde.

260 millions d’intouchables

Paul Divakar, président de la Campagne nationale pour les droits des dalits, a déclaré au correspondant d’ENI :»Nous sommes totalement exclus. Il n’y a pas un seul mot dans la déclaration au sujet de ces pratiques abominables qui touchent pourtant 260 millions de personnes». Il a précisé qu’en Inde, un pays qui se flatte d’être la plus grande démocratie du monde, plus de 167 millions de personnes, soit plus de 10% de la population, faisaient partie des communautés dalits et étaient victimes de discriminations fondées sur l’appartenance à une caste.

Des représentants de communautés dalits sont intervenus au cours d’une séance d’information au Palais des Nations pour donner des explications sur le sort qui leur était réservé. Fatima Burnad et Dibakar Poricha ont évoqué un «apartheid caché», qu’ils comparent à un esclavage des temps modernes, parce qu’ils sont nés dans un groupe ou une caste marginalisés. Quelques militants ont déclaré que l’Inde avait profité de sa position de puissance régionale et d’alliée des pays occidentaux pour empêcher que la question des dalits ne figure à l’ordre du jour des Nations Unies, mais aucun d’entre eux n’a voulu le dire ouvertement par crainte de voir son activité compromise. (apic/eni/bb

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par webmaster@kath.ch
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