Appel des Nations Unies et de plusieurs ONG
Genève: Le Bénin rappelé à l’ordre sur les conditions carcérales
Genève, 28 novembre 2007 (Apic) Le Comité contre la Torture des Nations Unies vient de rendre public ses recommandations sur le Bénin. Il reste «profondément préoccupé par les conditions de vie dans les lieux de détention». Ses conclusions s’appuient sur celles de la FIACAT (Fédération Internationale de l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture) et l’OMCT (Organisation Mondiale Contre la Torture).
Le Comité contre la Torture a adopté plusieurs recommandations dans le cadre de l’examen du 2e rapport périodique du Bénin sur la mise en oeuvre de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Ses conclusions s’appuient notamment sur celles présentées par la FIACAT et l’OMCT, conjointement avec la Coordination nationale de l’ACAT-Bénin, l’AFJB (Association des Femmes Juristes du Bénin) et l’ESAM (Enfants Solidaires d’Afrique et du Monde).
Le Comité s’inquiète des conditions de détention, notamment de la surpopulation dans les prisons et de la corruption endémique. Les conditions de vie, particulièrement l’insuffisance de nourriture et l’absence d’hygiène, ont également alarmé les experts. Ces derniers ont accordé un an aux autorités béninoises pour améliorer cette situation. Le Comité a d’ailleurs demandé au Bénin d’autoriser les ONG à avoir un accès permanent aux lieux de détention. En outre, le non respect des droits fondamentaux des personnes gardées à vue, tels que l’accès à un avocat, l’examen médical et l’assistance juridique, apparaît comme un autre sujet de préoccupation. Le Comité a enjoint le Bénin de réviser rapidement sa législation pénale qui ne contient pas une définition de la torture conforme à la Convention.
Les femmes et les enfants victimes de violence
En outre, le Comité a exprimé son inquiétude au regard des informations transmises par la coalition d’ONG «faisant état de la violence généralisée dont sont victimes les femmes, particulièrement la traite, le viol et la violence domestique, et regrette le nombre peu élevé de dénonciations et de condamnations».
Par ailleurs, le Comité a dénoncé des cas de «de traite, d’exploitation, de prostitution, de mutilation génitale féminine, de viol et de meurtre de nouveau-nés» au Bénin. Le «recours fréquent» aux châtiments corporels dans l’éducation doit également être fermement combattu, et en premier lieu par l’adoption d’une législation les interdisant dans la famille et les institutions autres que l’école. Les experts ont par ailleurs appelé à ce que l’âge de la responsabilité pénale des mineurs soit relevé conformément aux standards internationaux et que leurs conditions de détention soient améliorées en s’assurant que les mineurs soient détenus à l’écart des adultes en toutes circonstances. (apic/com/bb)



