120 millions d’enfants concernés par les pires formes de travail

Genève: Le BIT lance une initiative contre le travail des enfants dans trois pays

Genève, 15 juin 2001 (APIC) Le Bureau international du travail (BIT) a lancé cette semaine une nouvelle initiative pour libérer des millions d’enfants de leur exploitation par le travail. L’action va débuter en Tanzanie, et se poursuivra au Salvador et au Népal. Ces pays devront mettre un terme d’ici dix ans aux pires formes de travail des enfants.

Les mesures du BIT se concentreront sur le retrait des enfants d’activités telles que le triage des déchets dans les décharges publiques, le port de charges lourdes, le travail dans les mines, la domesticité, l’agriculture commerciale, la pêche et le commerce du sexe. L’organisation s’attend à que d’autres pays prennent part à cette initiative dans les deux prochaines années.

Une récente enquête de l’OIT (Organisation internationale du Travail) estime le nombre total d’enfants de 5 à 14 ans astreints au travail à environ 250 millions à travers le monde. Pour près de la moitié d’entre eux (120 millions d’enfants), il s’agit d’un travail à plein temps, souvent dans les formes d’exploitation les plus dures et les plus dangereuses.

La moitié des Tanzaniens vivent dans la pauvreté

Près de la moitié des 33 millions de Tanzaniens sont considérés comme pauvres et environ 27% d’entre eux vivent dans un état d’extrême pauvreté. L’ampleur et le niveau de la pauvreté sont plus marqués dans les campagnes que dans les villes.

Selon une récente étude, le BIT estime qu’en Tanzanie 3,4 million sur 12,1 millions d’enfants de moins de 18 ans travaillent régulièrement. La prostitution enfantine, renforcée par les mariages forcés et précoces, progresse dans le pays. Les filles fuguent pour échapper à un mariage forcé et n’ont d’autres alternatives que la rue. Certaines, âgées de 9 à 15 ans, ont émigré des zones rurales vers les villes, et travaillent comme domestiques. Elles triment entre 14 et 18 heures par jour pour un salaire minable, après déduction pour le logement et la nourriture. Ces filles sont également exposées à des risques d’abus physiques et sexuels commis par leur employeur ou par des membres de sa famille.

42% des enfants népalais au travail

Le Népal fait partie des pays les plus pauvres au monde. Plus de la moitié de la population vit avec moins d’un dollar par jour. Selon la dernière enquête de l’OIT près de 42% des enfants âgés de 5 à 14 ans sont au travail.

On estime à 4’000 le nombre d’enfants chiffonniers dans les centres urbains du Népal, avec une forte concentration à Katmandou et Dharan. La récupération des déchets sur les décharges, dans les rues et le long des rivières est par nature une activité à risques, en raison des dangers de tétanos et d’infection due à des coupures par des objets métalliques, du verre cassé, et également aux morsures de chien. Le risque de maladie est très élevé car ces enfants travaillent dans des conditions d’hygiène déplorables et dans des zones polluées, et ils consomment de l’eau sale et des aliments avariés. Ils sont également exposés à la drogue, au SIDA et à la criminalité.

440’000 enfants salvadoriens travaillent

Sur les 6,2 millions d’habitants que compte El Salvador, 2,2 millions ont moins de 19 ans. Sur ce dernier total, près de 440’000 enfants travaillent.

La pauvreté extrême qui connaît El Salvador, contraint souvent les enfants des familles défavorisées à contribuer au revenu familial dès leur plus jeune âge. Cette nécessité compromet toute chance pour ces enfants d’être suffisamment scolarisés pour espérer briser le cercle vicieux qui constitue la pauvreté.

Le BIT estime que dans diverses régions d’El Salvador, plus de 2’000 enfants des deux sexes mettent en danger leur sécurité et leur vie en fabriquant des feux d’artifice. Ils sont employés dans diverses activités allant du mixage au remplissage de poudre et autres produits chimiques dans les pétards. Ils s’exposent à de grands risques de lésions graves ou décès suite aux explosions accidentelles, de brûlures chimiques et de coupures infligées par les outils tranchants utilisés pendant la fabrication. (apic/ines/bb)

15 juin 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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