L’abolition de l’esclavage: un grand échec international

Genève: Le BIT présente une étude sur l’esclavage dans le monde

Genève,19 décembre 2001 (APIC) Le Bureau International du Travail a présenté en début de semaine à Genève l’étude de Kevin Bales. L’esclavage, dénonce-t-il, est une réalité dans tous les continents. On estime à 27 millions le nombre de personnes qui travaillent ainsi sans aucune rémunération, cela dans des conditions de vie inhumaines et soumises à des violents traitements.

Selon certaines études on dénombre plus de 4 millions de femmes vendues chaque année dans le monde à des fins de prostitution. Les autorités des pays d’accueil ont tendance à considérer les victimes d’abord comme des étrangers en situation irrégulière. Certains pays, comme la France et la Grande-Bretagne, n’ont prévu aucune disposition concrète en faveur des victimes de l’esclavage moderne, souligne le Rapporteur du Conseil de l’Europe. Ce sont les Organisations Non Gouvernementales qui assurent la protection des victimes et leur apportent une assistance sociale et juridique.

Dans son dernier rapport sur le trafic des êtres humains l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM) dénonce non seulement le trafic de femmes et de filles pour l’exploitation sexuelle mais aussi le trafic des hommes pour le travail dans l’agriculture comme c’est le cas de l’Espagne et des Etats-Unis notamment.

L’enlèvement massif d’individus et de communautés entières n’est pas inhabituel dans des sociétés comme le Liberia, la Mauritanie, la Sierra Leone et le Soudan. Selon un rapport des Nations Unies, à l’intérieur de la Mauritanie, il existe encore des esclaves maintenus entièrement en servitude et qui n’ont jamais entendu parler de l’abolition de l’esclavage. Saïdou Kane ancien Inspecteur général de l’éducation en Mauritanie estime aujourd’hui à 700’000 le nombre d’esclaves dans son pays.

Selon le sociologue Bales, en Côte d’Ivoire ou au Ghana il suffit de 30 minutes de négociation et de l’équivalent de 12 francs suisses pour avoir un esclave pour travailler dans les plantations de cacao par exemple. On estime que 5000 enfants sont kidnappés chaque année dans l’Etat de Bihar en Inde pour l’industrie des tapis. Les relations entre l’esclavage et les pays industrialisés sont d’ailleurs assez directes, dénonce en conclusion l’étude. (apic/iac/pr)

19 décembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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