L’intégration ne se limite pas à l’apprentissage de la langue

Genève : Le centre Camarada fête ses 25 ans

Genève, 7 mars 2008 (Apic) Près de 800 femmes d’une soixantaine de nationalités, avec divers statuts, fréquentent chaque année le centre Camarada, à Genève. Un centre qui fête ces jours-ci son 25ème anniversaire. Son objectif: accueillir et former des femmes dont le parcours de vie a été marqué par des migrations. Pour cela, il ne suffit pas de mettre sur pied des cours de langue.

«J’ai appris tout ce que j’avais besoin: le français, la cuisine, le contact avec les gens et j’ai trouvé beaucoup des amies que c’est important pour moi, sans les amis on ne peut pas vivre. Pour moi, Camarada, c’est comme ma famille très proche. C’est pas comme une école.» Signé : Mahin.

Cette citation figure sur une banderole tendue dans la galerie de la Comédie, parmi les photos de Jean Mohr qui, en l’espace d’un an, a réalisé un reportage dans le centre d’accueil et de formation créé par l’association Camarada. «C’est la rencontre qui permet l’intégration», souligne Carole Breukel, responsable des cours de français et de l’alphabétisation. La rencontre entre femmes de différentes origines et entre ces femmes et les accompagnatrices de Camarada, bénévoles ou professionnelles.

Avec les nouvelles lois sur l’asile et sur les étrangers, les autorités exercent une pression pour que les immigrés suivent des cours de langue et se préparent à une insertion professionnelle. «Des buts difficiles à atteindre hors d’un cadre adéquat. Pour les femmes qui fréquentent notre centre, l’intégration passe autant par les mains, par la vie pratique, que par des cours», affirme Janine Moser, la directrice de Camarada.

«Le temps des cours n’est pas plus important que la pause thé, les ateliers divers (couture, cuisine, gymnastique, vie quotidienne à Genève, sérigraphie.) ne sont pas des annexes des heures de français», relève de son côté le président de Camarada, Maurice Gardiol. L’ennui, quand on dépend en partie de subventions, c’est que politiciens et fonctionnaires éprouvent de la peine à entrer dans de telles conceptions …

Une fête de reconnaissance

Ce 25ème anniversaire est une occasion de relancer le débat sur l’intégration, «ce mot dont beaucoup se gargarisent». Une occasion de faire passer ce message: l’intégration ne consiste pas seulement dans des cours de français, mais est un échange, allant dans les deux sens.

«C’est aussi une fête de reconnaissance pour les milliers de femmes rencontrées durant ces années», souligne Maurice Gardiol. Camarada est née, il y a un quart de siècle, de l’inquiétude des responsables du secteur des réfugiés du Centre social protestant de Genève de voir les requérants d’asile condamnés au désoeuvrement, sous prétexte que la plupart d’entre eux ne pourraient demeurer dans notre pays, alors qu’une bonne partie allaient finalement obtenir l’autorisation de rester en Suisse. «C’était faire le choix de la désintégration plutôt que celui de l’intégration». Plus tard, on a ouvert un centre réservé aux femmes dont le nombre s’est vite accru. Aujourd’hui, la majorité des participantes sont au bénéfice d’un permis de séjour stable.

Le vernissage de l’exposition de photos de Jean Mohr a lieu ce samedi matin 8 mars. Le dimanche 16 mars est «jour de fête», avec un brunch de soutien, des témoignages de femmes, une table ronde et un théâtre-forum, le tout à la Comédie. (apic/mba/bb)

7 mars 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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