Un témoignage de l’échec de la maîtrise des armements

Genève: Le COE condamne l’essai nucléaire effectué par la Corée du Nord

Genève, 10 octobre 2006 (Apic) Pour le COE, l’essai nucléaire effectué par la Corée du Nord témoigne de l’échec de la maîtrise des armements. Le secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE) a condamné cet essai en le qualifiant de menace pour la sécurité de la planète. Il a affirmé qu’il reflétait l’échec des puissances nucléaires à respecter leurs obligations en matière de désarmement international.

La nouvelle de cet essai «témoigne avec horreur de la permissivité croissante» en matière d’armements nucléaires. Et le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du COE, de déplorer cette permissivité qui se développe depuis quelques années «sous le regard collectif de la communauté internationale et de ses membres les plus éminents».

«Il serait inadmissible que les essais nucléaires nord-coréens entraînent une réaction en chaîne vers le Japon, Taiwan, la Corée du Sud et même d’autres pays, comme l’Indonésie et l’Australie,» a fait savoir le pasteur Kobia, dont l’organisation rassemble 348 Eglises, principalement protestantes, orthodoxes et anglicanes.

Ces commentaires ont été faits dans une lettre adressée le 9 octobre aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie), qui sont tous en possession d’armes nucléaires, ainsi qu’à la Corée du Nord et à ses voisins, la Corée du Sud et le Japon.

«Un essai nucléaire réalisé par un nouvel Etat en 2006 est non seulement une menace régionale pour la sécurité mondiale,» écrit le pasteur Kobia. «Il s’agit aussi d’une conséquence dangereuse de l’incapacité à remplir les obligations et les engagements politiques internationaux, en particulier de la part des gouvernements qui se sont, ouvertement ou non, dotés d’armements nucléaires.»

Inde, Israël et Pakistan, puissances nucléaires «non déclarées»

Selon lui, les signataires du Traité de non-prolifération nucléaire n’ont pas réussi à tenir l’engagement sans équivoque pris en 2000 pour remplir les obligations découlant du Traité et éliminer toutes les armes nucléaires. «Au lieu d’un progrès, ce domaine connaît une crise,» a déclaré le pasteur Kobia. Sa lettre a également été envoyée à l’Inde, à Israël et au Pakistan, pays qui se sont tenus à l’écart du Traité de non-prolifération, en tant que puissances nucléaires «non déclarées».

«Un désarmement et une non-prolifération vérifiés sont des mesures primordiales pour rétablir la confiance dans le système international, qui s’est dégradée au cours des six premières années de ce siècle», écrit encore le pasteur Kobia. (apic/eni/be)

10 octobre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!