Nécessité d’une paix globale fondée sur la justice et la sécurité
Genève: Le COE craint que les lieux saints du christianisme ne deviennent des musées
Genève, 7 août 2001 (APIC) Le Conseil oecuménique des Eglises (COE) propose la mise en place d’un programme oecuménique de «témoignage pour la paix» qui offrirait un soutien à la résistance non violente contre l’occupation israélienne et une présence oecuménique internationale pour assurer protection et surveillance dans les Territoires occupés. Une façon pour le COE de parer à l’exil forcé des chrétiens de Terre Sainte.
Ces appels figurent est dans un rapport publié par le COE à l’occasion du colloque oecuménique international qui se tient à Genève les 6 et 7 août, coprésidé par le président du Comité central du COE, sa Sainteté Aram Ier, catholicos de Cilicie, et par le secrétaire général du COE, le pasteur Konrad Raiser.
«Et s’il n’y avait plus de Palestiniens chrétiens en Terre Sainte, qu’est-ce que cela signifierait pour le monde ?» Telle est la question posée dans ce rapport par la délégation du COE, qui s’est rendue en Israël et dans les Territoires occupés palestiniens du 27 juin au 1er juillet. Le colloque vise à amener la communauté oecuménique internationale à manifester un soutien plus large en faveur d’une paix globale fondée sur la justice et la sécurité pour les peuples palestinien et israélien.
La délégation ne s’est pas rendue au Proche Orient pour y effectuer une mission d’enquête, souligne le rapport, mais pour contribuer à l’élaboration d’une réponse oecuménique internationale au conflit israélo-palestinien en examinant les besoins, les stratégies et les plans d’action à l’échelon local.
Deux à trois familles par semaine
Le rapport note avec inquiétude que de plus en plus de Palestiniens chrétiens, deux à trois familles par semaine, émigrent pour échapper à la violence et à la crise économique. Les Palestiniens chrétiens ne constituent que trois pour cent environ de la population des Territoires occupés. «La peur de voir les lieux saints du christianisme devenir des musées n’est pas feinte», lit-on dans le rapport. Les auteurs soulignent le profond désespoir, pour la communauté de l’Eglise en Palestine et dans le monde, engendré par la récente escalade de la violence qui a aiguisé le désir des Palestiniens et des Israéliens de jouir d’une paix juste et durable. «Les déclarations des Eglises dans le monde ont certes été importantes, indique-t-on, mais «le temps des déclarations semble révolu».
Une série de recommandations
Le rapport formule plusieurs recommandations à l’intention des participants au colloque oecuménique international. Elles concernent en particulier la mise au point d’un programme général d’accompagnement et de solidarité, la coopération à instaurer face à la crise humanitaire, la coordination des initiatives en faveur du respect du droit international, notamment des résolutions des Nations Unies, l’aide aux Eglises locales, et le soutien à accorder aux discours novateurs et modérés dans les deux camps.
Le colloque, organisé à l’appel du secrétaire général du COE, réunit notamment des responsables des Eglises de Jérusalem, des représentants des Eglises membres du COE et des partenaires oecuméniques du monde entier, dont l’observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies. (apic/com/mk)



