Genève: Le COE demande que les Etats-Unis soient remplacés par l’ONU en Irak

Poursuite contre les auteurs du «recours illégal à la guerre»

Genève, 3 septembre 2003 (Apic) Le Comité central du Conseil oecuménique des Eglises (COE) a réclamé le remplacement des forces de la coalition en Irak conduites par les Etats-Unis par les Nations Unies. Il a également demandé que soient poursuivis les auteurs de crimes comme les violations des droits de la personne, tout comme «le recours illégal à la guerre».

«Il est évident que pour faire cela, le Conseil de sécurité des Nations Unies devra agir contre deux de ses membres permanents, ce qui est peu probable», a répondu lors d’une conférence de presse Peter Weiderud, directeur de la Commission des Eglises pour les affaires internationales du COE, dans une déclaration reprise par l’agence d’information oecuménique ENI. Des journalistes lui avaient demandé si le COE pourrait exiger des poursuites contre le président George W. Bush et le premier ministre britannique Tony Blair. «Mais il faut considérer la situation en Irak dans son ensemble.»

La déclaration du COE – approuvée le 1er septembre à l’unanimité moins deux abstentions – a été accueillie avec satisfaction par plusieurs délégués. Le responsable de l’Eglise presbytérienne aux Etats-Unis, Clifton Kirkpatrick, s’est dit «profondément reconnaissant pour cette déclaration qui donne une certaine idée sur la marche à suivre, car nous avons tant fait pour essayer de stopper cette guerre».

La déclaration a réitéré la condamnation des abus perpétrés par le régime de Saddam Hussein, ainsi que de la guerre menée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, qualifiée «d’immorale, de malencontreuse et de contraire aux principes de la Charte des Nations Unies».

Pour un gouvernement légitime, souverain, élu et représentatif

Le Comité central a également concentré don message sur la reconstruction de l’Irak après la guerre, en appelant le Conseil de sécurité des Nations Unies «à insister sur la mise en place dans les plus brefs délais d’un gouvernement légitime, souverain, élu et très largement représentatif et à demander le retrait immédiat et organisé des forces d’occupation». Les délégués se sont félicités de la levée des sanctions économiques contre l’Irak après 13 ans et demandent l’annulation de la dette irakienne, «composée d’emprunts qui ont uniquement servi à financer l’ancien régime».

Le Comité central a réaffirmé le rôle des Eglises irakiennes dans la reconstruction de l’Irak. Il a «renouvelé son engagement, conjointement avec les Eglises d’Irak, en faveur du dialogue et de la coopération avec les communautés religieuses». (apic/eni/bb)

3 septembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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