Genève: Le commerce des esclaves a été un «holocauste africain»

L’appel du COE de l’ARM et du CWM à l’Europe

Genève, 23 mars 2007 (Apic) Le commerce des esclaves transatlantique a été un «holocauste africain» qui ne devrait jamais être oublié, ont fait savoir plusieurs organisations ecclésiastiques internationales qui ont appelé Eglises, Etats et entreprises à se repentir de leur participation à cette traite.

«Le commerce mondial des esclaves a privé l’Afrique de ses éléments les plus productifs, entraînant un holocauste africain,» ont déclaré des délégués du Conseil oecuménique des Eglises (COE), de l’Alliance réformée mondiale (ARM) et du Council for World Mission (CWM, Conseil pour la mission universelle), dans un communiqué publié le 22 mars à la suite d’une réunion à Genève.

Le communiqué appelle «les Eglises, les Etats et les entreprises qui s’étaient injustement enrichis au moyen du commerce des esclaves à se repentir et à montrer les fruits de cette repentance». L’appel a été lancé à l’approche de la commémoration du 200e anniversaire de la Loi sur l’abolition du commerce des esclaves, adoptée le 25 mars 1807 par le Parlement britannique. La Loi mit fin au commerce des esclaves dans ce qui était alors l’Empire britannique.

Dans une lettre adressée au Premier ministre britannique Tony Blair, le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du COE, a déclaré que les pays européens devaient «commencer un processus d’affirmation de la vérité, de repentance et de réconciliation» autour de leur rôle dans le commerce des esclaves. «Les personnes d’ascendance africaine en diaspora tout comme celles qui vivent en Afrique attendent des excuses sans ambiguïté et un signe clair des nations européennes reconnaissant leur participation à cette terrible partie de l’histoire coloniale,» a déclaré le pasteur Kobia, méthodiste du Kenya.

Le prolongement néolibéral

Le Ghanéen Setri Nyomi, secrétaire général de l’ARM, souligne pour sa part que «des millions d’Africains étaient alors capturés, brutalisés et tués au nom du profit économique» dans le cadre du commerce des esclaves.

Le Jamaïcain Roderick Hewitt, président du CWM, qualifie de son côté le commerce des esclaves de structure qui permettait «l’enrichissement injuste d’une minorité par l’exploitation des plus vulnérables». Selon lui, «cette structure économique mondiale se reflète aujourd’hui dans le cadre économique néolibéral et celui-ci doit être identifié et considéré comme il se doit». (apic/eni/pr)

23 mars 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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