Laissez la voiture au garage et ne prenez pas l’avion
Genève: Le conseil Œcuménique des Eglises lutte contre la pollution
Genève, 17 août 1998 (APIC) L’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère est provoquée par la mobilité motorisée, s’inquiète le Conseil œcuménique des Eglises (COE). Dans un rapport récemment rendu public, l’organisation œcuménique préconise de laisser si possible sa voiture au garage et d’éviter de prendre l’avion.
A l’appui, le COE estime que le trafic aérien représente 15% de toutes les émissions de C02, et que d’ici l’année 2030, le nombre de voitures privées dans le monde passera de 500 millions à 2,3 milliards. Bémol dans le rapport: le COE a dépensé 792’000 francs en 1997… pour les seuls frais d’avion. Coupe sombre en perspective.
Le document – Mobility: Prospects of sustainable society (Mobilité: perspectives d’une société viable) – publié par l’Unité sur «la justice, la paix et la création», a été adressé aux 332 Eglises – protestantes, anglicanes et orthodoxes – membres du COE. Il exprime une profonde préoccupation devant l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, provoquée par les échappements de gaz des voitures et des avions. Ces gaz à effet de serre, notamment le dioxyde de carbone (CO2), sont, estime-t-on, la principale cause du réchauffement de la planète.
Le rapport dresse aussi la liste des autres effets négatifs de cette «mobilité motorisée», et notamment les accidents du trafic, les problèmes de santé, et l’injustice sociale. Les personnes âgées, les enfants, les personnes handicapées, et les défavorisés sont laissés pour compte en raison de l’importance accordée au «transport individuel motorisé».
On est loin de Rio
Le COE, observe avec inquiétude la croissance du secteur des transports et craint que la réduction des gaz à effet de serre, objectif accepté en 1992 au Sommet de Rio, ne devienne illusoire.
«Les gens pensent que rapide veut dire meilleur et que lent signifie démodé; mais est-ce bien vrai?» s’interroge le Suisse Lukas Vischer. Ancien membre du personnel du COE, Lukas Vischer a collaboré à l’organisation d’un colloque tenu l’an dernier à l’Académie protestante de Bad Boll, en Allemagne, qui a conduit à la publication de ce rapport.
Ce document d’étude veut d’abord montrer, explique-t-il aujourd’hui, que l’évolution de la situation, bien que différente dans les deux hémisphères – Nord et Sud, menace tous les êtres humains de la planète. Puisque le Nord est responsable de l’ensemble du problème, estime-t-il, ceux-ci doivent trouver un moyen de réduire leur consommation «excessive» de ressources. Le rapport met également en garde les responsables de la politique des transports dans le Sud, qui doivent éviter les erreurs des pays du Nord en développant d’autres modèles en matière de trafic et de transports sur la base de la viabilité.
Moins de voyages… en avion
Le rapport appelle les Eglises à réévaluer «leur culture de la mobilité», soulignant que «dans les Eglises, les pasteurs et collaborateurs de l’aide au développement prennent la voiture et l’avion comme un moyen naturel de transport, et par là deviennent promoteurs et protagonistes». Le mouvement œcuménique, préconise le rapport, devrait accorder une plus grande attention aux nouvelles technologies telles que le courrier électronique et les vidéoconférences qui permettent d’éviter les voyages. Il devrait aussi encourager les activités oecuméniques au niveau régional.
Les auteurs du rapport s’étonnent: en 1997, quelque 792’000 francs ont été dépensés par le COE pour les voyages en avion. Aussi réclament-ils des coupes dans le budget consacré aux voyages. Selon eux une réduction des conférences internationales et des programmes à Genève ainsi qu’une décentralisation de certaines activités limiteront les dépenses.
Des mesures ont déjà été prises en ce sens assure-t-on du côté de Genève, mais «le travail sérieux» sera entrepris après l’Assemblée du COE, qui aura lieu… à Harare, au Zimbabwe. (apic/eni/smm)




