Genève: Le Cycle d’études oecuméniques de l’Institut de Bossey fête ses 50 ans

Véritable «laboratoire oecuménique» du COE

Genève, 25 juin 2003 (Apic) Fondé en octobre 1946, l’Institut oecuménique de Bossey du Conseil oecuménique des Eglises (COE), à Genève, fête en ce mois de juin le 50e anniversaire de son Cycle universitaire d’études oecuméniques.

Véritable «laboratoire oecuménique», le Château de Bossey a déjà accueilli des milliers de femmes et d’hommes du monde entier, de toutes les confessions et cultures. Une expérience qui a changé leur existence, selon de nombreux témoignages. Il existe d’ailleurs dans de nombreux pays des groupes d’anciens étudiant(e)s de Bossey.

Représentant l’avant-garde du mouvement oecuménique, l’Institut – communauté multiculturelle et multiconfessionnelle – se veut un lieu de partage où s’affrontent des opinions parfois très controversées sur des sujets d’actualité, souvent considérés comme tabous par les Eglises et par la société en général, dans le but de trouver des réponses communes et de rendre un témoignage commun «afin que le monde croie».

Bossey a pour mission de former des responsables oecuméniques, tant clercs que laïcs, qui accompliront leur ministère dans des paroisses, des salles de cours ou des centres oecuméniques dispersés dans le monde entier. Il a aussi pour but de promouvoir la pensée oecuménique à travers les rencontres interculturelles et interconfessionnelles, grâce aux études qui s’effectuent dans un cadre résidentiel et aussi par les célébrations liturgiques et la vie communautaire.

Former des laïcs

Le Cycle universitaire d’études oecuméniques, qui a pris son envol en 1952/53, représente pour tous ceux qui l’on fréquenté, une «pépinière», un «séminaire» qui a permis l’éclosion de nombreux responsables oecuméniques et l’esprit de «l’oikoumene». Au départ, Hendrik Kraemer et Suzanne de Diétrich, qui constituaient sa première équipe directrice, avaient mis l’accent sur la formation des laïcs.

Ils entendaient aider des responsables de jeunesse, des enseignants, des assistants sociaux, des médecins, des représentants de l’industrie, de la politique et des arts à vivre leur vocation chrétienne dans leur travail professionnel quotidien. Les thèmes des grandes controverses de l’après-guerre – la menace nucléaire, l’avenir de la famille, le sens de l’Histoire – faisaient l’objet de colloques interdisciplinaires.

Au départ, surtout des protestants

Pendant cette première période, les participants, venus surtout des pays d’Europe dévastés par la guerre et d’Amérique du Nord, représentaient surtout les dénominations protestantes. Mais, très tôt, des experts issus des traditions orthodoxe et catholique romaine ainsi que des professeurs de l’hémisphère Sud imprimèrent aussi leur marque sur Bossey.

Pourquoi ce Cycle universitaire de 4 ou 5 mois est-il né ? Vers 1950, le nombre de ceux et celles qui souhaitaient suivre les cours d’été pour étudiants en théologie, pasteurs et missionnaires commença à augmenter. Le mouvement oecuménique prenait de l’ampleur, notamment à la suite de la création du Conseil oecuménique des Eglises (COE) en 1948. Il existait un besoin évident de formation oecuménique, et un grand désir de l’acquérir, alors que cette tâche n’était pas assumée par les établissements de formation théologique existants.

Mission de témoignage et de réconciliation dans un monde déchiré par la guerre

C’est ainsi que Bossey, avec la Faculté de théologie de Genève, reprit une proposition formulée 25 ans auparavant par Adolf Keller, professeur à l’Université de Genève, qui, dans les années 1920, avait effectué de longues visites aux Eglises d’Amérique du Nord et d’Europe pour organiser les activités d’entraide des Eglises. Constatant combien celles- ci se connaissaient mal les unes les autres et combien elles étaient mal préparées à accomplir une mission sacerdotale et prophétique de témoignage et de réconciliation dans un monde déchiré par la guerre, il avait proposé la création d’un «centre de formation permanent offrant un cycle universitaire d’études oecuméniques à des étudiants en résidence».

Mais la guerre imminente mit fin à l’entreprise, et le projet de centre de formation oecuménique en résidence fut mis en veilleuse. Finalement, ce ne fut qu’en 1952/53 que ce rêve se réalisa. Et depuis cette date, Bossey s’ouvre, d’octobre à février, aux étudiants du Cycle universitaire. Son programme offre des études bibliques communes, une introduction à l’histoire du mouvement oecuménique, et une présentation des grandes familles confessionnelles, notamment orthodoxes.

En outre, on traite chaque semestre d’un problème d’actualité, soit dans le monde, soit dans le mouvement oecuménique, en se référant souvent aux études et programmes en cours au COE. Parmi ces thèmes, on peut citer par exemple l’Eglise dans le monde technologique; l’Eglise, l’Etat et le pouvoir; l’Evangile et la culture; le dialogue avec les religions de notre temps. Des penseurs originaux et des prophètes contemporains sont invités pour donner des cours. Les liens avec l’Université de Genève sont beaucoup plus structurés et, depuis la fin des années 1970, la plupart des semestres comportent également une semaine d’étude à Rome. (apic/coe/be)

25 juin 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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