Le secrétaire général se retirera fin 2008

Genève : Le pasteur Kobia ne se présentera pas pour un second mandat au COE

Genève, 19 février 2008 (Apic) Le pasteur Samuel Kobia, a annoncé qu’il ne se présenterait pas pour un second mandat à la tête du plus grand rassemblement d’Eglises du monde. Il quittera son poste de secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE) à fin 2008.

« Kobia a fait connaître ses intentions aujourd’hui, évoquant des raisons personnelles à sa décision de ne pas postuler pour un deuxième mandat », a annoncé le COE le 18 février, à l’issue de près de neuf heures de délibérations à huis clos de son principal organe directeur, le Comité central. « Le Comité central a reçu cette nouvelle avec regret mais accepte la décision du secrétaire général », a déclaré son président, le pasteur Walter Altmann, dans un communiqué repris par l’agence oecuménique ENI.

Avant la réunion, il était prévu que le Comité central se prononce sur un renouvellement du mandat actuel du pasteur Kobia, qui prendra fin le 31 décembre 2008. Le COE a déclaré que le Comité central avait approuvé la désignation d’une commission de recherche pour un nouveau secrétaire général. Il est prévu que l’élection d’un nouveau secrétaire général ou d’une nouvelle secrétaire générale ait lieu lors de la prochaine réunion du Comité central, en septembre 2009, a-t-il indiqué.

Le pasteur Kobia a été élu en août 2003 à la tête du COE, dont le siège est à Genève et qui compte à l’heure actuelle 349 Eglises membres, représentant 560 millions de chrétiens à travers le monde. Il a été le premier africain élu à cette fonction, qu’il a occupée à partir de janvier 2004 pour un mandat de cinq ans, rappelle ENI.

Les remises en question de l’évêque Hein

A l’approche de la réunion, qui se déroule du 13 au 20 février, l’évêque Martin Hein, membre du Comité central issu de l’Eglise évangélique d’Allemagne, avait lancé quelques torpilles contre le COE. Il avait déclaré que le Conseil peinait à faire sentir sa présence dans le monde. Il a affirmé dans une interview accordée à l’agence de presse protestante allemande epd que le COE n’avait pas su élaborer « des visions et des perspectives susceptibles d’être communiquées » et que le pasteur Kobia voyageait trop à l’extérieur de Genève. L’agence epd a par ailleurs indiqué que le COE avait retiré de son site Internet toute mention faisant référence au doctorat décerné au pasteur Kobia par une institution des Etats-Unis non accréditée, la Fairfax University.

Né au Kenya en 1947, Samuel Kobia est pasteur de l’Eglise méthodiste du Kenya. Avant de devenir secrétaire général du COE, il a été directeur et représentant spécial pour l’Afrique du Conseil. De 1999 à 2002, il était directeur du programme du COE relatif aux questions théologiques et sociales. Le pasteur Kobia est le sixième secrétaire général du COE. Les précédents secrétaires généraux ont été W. A. Visser ’t Hooft, des Pays-Bas (1948-1966) ; Eugene Carson Blake, des Etats-Unis (1966-1972) ; Philip Potter, de la Dominique, aux Antilles (1972-1984) ; Emilio Castro, de l’Uruguay (1985-1992) ; et Konrad Raiser, d’Allemagne (1993-2003).

Le pasteur Kobia a été secrétaire exécutif de la mission rurale et urbaine et secrétaire général du Conseil national des Eglises du Kenya, et il a contribué à réorganiser le Conseil chrétien du Zimbabwe après l’indépendance de ce pays. Il a présidé les pourparlers de paix au Soudan en 1991, et en 1992, il a présidé l’Unité nationale d’observation des élections du Kenya. Puis le pasteur Kobia est revenu à Genève en 1993 pour diriger ce qui était alors l’Unité III – Justice, paix et création. (apic/eni/bb)

19 février 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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