la communauté internationale dans le drame rwandais
Genève: Le Saint-Siège souligne la responsabilité de (300594)
Genève, 30mai(APIC) Prenant la parole devant les participants de la
session spéciale de la Commission des Droits de l’Homme sur le Rwanda, Mgr
Paul Tabet, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations-Unies à
Genève, a souligné la responsabilité de la communauté internationale aussi
bien dans les tragiques événements du Rwanda que dans la reconstruction du
pays.
Mgr Tabet s’est d’abord interrogé : «Si la communauté internationale se
sent aujourd’hui hésitante et désemparée, n’est-ce pas parce qu’elle n’a
pas su repérer les signes avant-coureurs qui ont été notamment, au cours
des trois dernières années, les massacres du Kibilira, du Bugesa et du Gisenyi-Kibuye, ni dénoncer les ennemis de la paix et de l’unité, afin qu’ils
soient isolés quand il était encore temps ?» Aux yeux du prélat, les livraisons d’armes à un pays appauvri «n’ont pas peu contribué à aggraver cette situation».
Tout en rendant hommage aux organisations internationales, comme le Comité International de la Croix-Rouge et le Haut Commissariat aux Réfugiés,
pour leur engagement humanitaire, ainsi qu’aux pays limitrophes, qui accueillent des centaines de milliers de réfugiés, le Saint-Siège demande à
la communauté internationale d’»apporter une assistance humanitaire qui
soit à la mesure de l’ampleur des besoins de la population». L’Eglise contribue déjà de manière significative à cet effort, en particulier grâce à
la Caritas Internationalis. Les Nations-Unies, a ajouté Mgr Tabet, auront
un rôle crucial dans l’acheminement de l’aide, la protection des organisations humanitaires et des victimes.
Mgr Tabet a précisé que «l’Eglise elle-même a payé un prix très élevé en
perdant plusieurs dizaines de prêtres et de religieuses, et des milliers de
personnes qui ont été tuées dans les églises où elles cherchaient refuge.»
L’observateur du Saint-Siège a enfin regardé l’avenir : «La reconstruction
matérielle qui s’imposera après tant de destructions n’aura de sens, a-t-il
dit, que si elle est accompagnée d’efforts en vue d’une reconstruction morale. La communauté internationale a dès à présent la responsabilité d’accompagner les Rwandais pour qu’ils deviennent un seul peuple dont les membres auront les mêmes droits et les mêmes devoirs.» (apic/cip/be)



