Pour protester contre la politique israélienne d’occupation
Genève: Le Secrétaire général du COE opposé aux investissements dans les territoires
New York, 10 août 2005 (Apic) Le secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE) à Genève est opposé aux investissements dans les territoires palestiniens occupés.
Le pasteur Samuel Kobia a soutenu l’appel lancé récemment par son organisation à ses Eglises membres pour qu’elles envisagent un retrait de leurs investissements dans des sociétés qui tirent profit de l’occupation par Israël des territoires palestiniens.
«Je comprends que l’on soit tenté de considérer l’appel du COE comme étant dirigé contre l’existence même de l’Etat d’Israël», a déclaré le pasteur Samuel Kobia dans un discours prononcé à Chicago à la conférence annuelle du Conseil international des chrétiens et des juifs (ICCJ). Mais il n’en est rien, a-t-il ajouté. «Les Eglises doivent vérifier si elles ont des liens économiques avec des activités illégales dans les territoires occupés, par-delà les frontières d’Israël reconnues au plan international.»
Critiquer l’occupation des territoires palestiniens n’est pas de l’antisémitisme
Pour le pasteur Kobia, l’appel lancé par son organisation n’est pas un exemple d’antisémitisme et toutes les critiques concernant Israël et la politique israélienne ne sont pas antisémites. Certaines organisations juives accusent d’antisémitisme toute critique de la politique israélienne. Le pasteur Kobia a d’ailleurs rappelé que le COE avait dénoncé l’antisémitisme en tant que «péché contre Dieu et contre l’homme».
Tout en reconnaissant que cette initiative du COE avait suscité des critiques de la part des Etats-Unis et de responsables juifs dans le monde, il a ajouté qu’il fallait pourtant se garder de la comparer aux appels au «boycottage des produits juifs et des personnes juives dans l’Allemagne des années trente».
La question des pressions économiques exercées en guise de protestation contre la politique israélienne a déclenché un flot de controverses ces derniers mois, notamment aux Etats-Unis, un pays qui soutient fortement la politique israélienne. Lors de son synode général au début de ce mois, l’Eglise Unie du Christ a approuvé une résolution demandant le recours à «des moyens de pression économiques» pour mieux promouvoir la paix au Moyen Orient.
Former de nouvelles alliances en faveur de la vie
Elle donnait suite en cela à une décision de l’Eglise presbytérienne aux Etats-Unis, datant de 2004, de lancer ce qu’elle appelle «un retrait sélectif et progressif des investissements» dans certaines sociétés installées dans les territoires palestiniens occupés. L’Eglise épiscopale (anglicane) aux Etats-Unis a également déclaré qu’elle examinerait ses investissements dans les sociétés ayant des activités dans la région.
Dans son discours, le pasteur Kobia, un méthodiste du Kenya, a dit être conscient que les traditions religieuses ont à la fois «le pouvoir d’unir et d’inspirer» et celui «de diviser et de détruire». Il a exhorté le ICCJ et d’autres organisations religieuses à «former de nouvelles alliances en faveur de la vie qui défient les divisions et les conflits, sources d’injustice partout dans le monde sous de multiples formes». (apic/eni/be)



