Se mettre à l’écoute de soi-même
Genève: Les agents pastoraux se sont retrouvés en session en Valais
Genève, 13 février 2001 (APIC) Une bonne centaine de prêtres, religieux(ses) et laïcs du canton de Genève, répartis en deux volées, se sont retrouvés récemment à Saint-Maurice en Valais pour un temps de rencontre et de formation. Une session qui se voulait différente des autres, non seulement par son ambiance plus festive et détendue, mais aussi et surtout par son thème: Genève: Les agents pastoraux se sont retrouvés en session en Valais et apprendre à mieux se connaître, en lien d’amitié avec ceux qui nous entourent.
Pour répondre aux besoins exprimés lors de la précédente rencontre de Genève, en 1998, les organisateurs sous la houlette du Père Joseph Hug, responsable du Département de la formation, avaient décidé de centrer celle de 2001 sur les personnes. En dépit d’un titre un brin solennel (»Mis à part pour servir» – Mon ministère… un travail, un appel, une vocation) et de quelques réticences face à la nouveauté, la session a enchanté les participants par sa richesse.
Une tulipe, une clé, une pomme, un coquillage, un stylo… Des objets tout simples, mais chargés de symboles. Chacun représente un don: joie de vivre, renouveau, partage, recueillement, créativité. Au terme de leur session 2001, les agents pastoraux genevois ont illustré ainsi, par des objets tirés de la vie quotidienne, tous les cadeaux reçus lors de ces trois jours de rencontre, vécus au Foyer franciscain de Saint-Maurice, les 30, 31 janvier et 1er février et les 6, 7 et 8 février.
Hygiène de vie
Brossant le portrait de l’agent pastoral tel qu’ils le conçoivent, Mgr Pierre Farine, évêque auxiliaire, et l’abbé Philippe Matthey, délégué épiscopal, ont insisté sur la nécessité du travail en équipe, afin de partager le même idéal et de mettre en commun les ressources des personnalités au service de l’Eglise. Exercer la coresponsabilité, ont affirmé les deux intervenants, c’est être responsables les uns des autres. Le métier d’agent pastoral, éminemment relationnel, invite à s’ouvrir au monde et réclame la reconnaissance réciproque, d’abord comme personnes. D’où la nécessité d’adopter une hygiène de vie qui permette à chacun de combler ses besoins fondamentaux: nature, nourriture, sommeil, conditions matérielles, vie spirituelle au sens large, sport, art, culture…
Donner, recevoir, rendre
Le pasteur Félix Moser, professeur de théologie pratique à l’université de Genève, qui avait déjà participé à la session 98, a consacré son intervention à la reconnaissance, une expérience centrale pour l’identité de l’être humain et donc aussi de l’agent pastoral. Son analyse très fine a permis d’explorer les mécanismes de l’estime de soi, du rôle social, de l’autorité et de l’échange. Félix Moser a rappelé que chacun est engagé dans une quête légitime de reconnaissance existentielle et sociale qu’il s’agit de gérer. De cette reconnaissance, dépendent l’image qu’on a de soi, la place qu’on occupe dans la société ou dans une équipe et l’autorité qu’on exerce.
Le pasteur Moser a invité les participants à prendre conscience de la valeur des échanges quotidiens qui font d’eux des «énergies renouvelables». Le don n’est pas simplement un acte spontané, même s’il est marqué par la gratuité. Il implique en effet une obligation, celle du recevoir, qui est la clé de voûte de tout le système et nous rappelle que nous sommes par essence des êtres de relation. «Mais savons-nous recevoir? Et savons-nous aussi rendre – c’est-à-dire nous tourner vers Dieu et, portés par le double élan du donner et du recevoir, lui rendre grâce? Et savons-nous enfin nous accorder à nous-mêmes, dans un dernier don de ’reconnaissance autorisée’, le repos nécessaire?», a lancé l’intervenant.
Rappelant l’importance de l’intériorité et de la vie spirituelle, l’abbé Jean-René Fracheboud, responsable du Foyer de Charité de Bex, a plaidé quant à lui pour une spiritualité «incarnée», qui pousse à rejoindre et à habiter passionnément le monde. Il a insisté aussi sur l’enracinement nécessaire dans le Christ, source de fécondité, et sur la puissance de la prière comme force d’unification dans une vie de plus en plus «émiettée». (apic/gt/bb)




