Accueil oecuménique des sans-papiers

Genève: Les Eglises au côté des travailleurs sans statut légal

Genève, 3 novembre (APIC) Les autorités des trois Eglises reconnues de Genève ont accueilli dimanche 3 novembre les «travailleurs migrants sans statut légal», au cours d’une rencontre dans les locaux de St-Boniface. Une initiative due au réseau oecuménique de parrainage mis en place par la Plateforme Evangile et Société de l’Eglise protestante et la Commission Tiers Monde de l’Eglise catholique (COTMEC).

Une jeune Colombienne devait participer à la fête, mais elle a été arrêtée samedi soir. Elle se trouvait encore au poste de police au début de cet après-midi dominical, quand sans-papiers et chrétiens de Genève partageaient un repas préparé par des «travailleurs migrants sans statut légal», ainsi qu’ils préfèrent être désormais appelés. Ce repas a été précédé d’un temps «d’accueil, de solidarité et d’engagement», comme l’a défini le diacre protestant Maurice Gardiol, responsable de la Plateforme Evangile et Société. «Les personnes sans-papiers sont contraintes à une forme d’invisibilité, c’est une situation scandaleuse et contraire à l’Evangile», a-t-il affirmé.

«Nous faisons partie du marché du travail, mais nous vivons à Genève la peur au ventre, a témoigné un migrant sans statut légal. Les autorités font preuve d’arrogance et d’aveuglement en considérant que cette question n’est pas urgente. Nous avons cherché du travail et nous avons trouvé une prison. Nous refusons de vivre cet apartheid à la mode suisse». De son côté, une femme latino-américaine a lancé cet appel: «Nous sommes celles qui gardent vos enfants pendant que vous travaillez. Nous participons au développement de ce pays. Nous avons besoin de votre appui pour pouvoir vivre dignement!»

Hypocrisie

Un appui que les représentants des Eglises n’ont pas ménagé au cours de leurs interventions. Mgr Pierre Farine a rappelé que les évêques de Suisse ont utilisé un terme dur, celui d’»hypocrisie», pour caractériser la situation actuelle. Il a ajouté que l’Eglise veut être présente auprès des sans-papiers à travers les personnes qui agissent dans ce domaine. «Calvin était un sans-papiers», a souligné de son côté le pasteur Joël Stroudinsky, président de l’Eglise protestante. Nous devons nous souvenir qu’il y a trois ou quatre siècles, nous étions des sans-papiers qui avons fui et trouvé un refuge à Genève. Nous n’avons pas le droit de dire à celui-ci tu peux être des nôtres, à celle-ci tu ne peux pas». «Notre communauté n’a pas de solution à vous apporter, mais vous pouvez compter sur notre présence à votre côté» a déclaré pour sa part le curé Jean-Claude Mokry, de l’Eglise catholique chrétienne.

«Mon père était un Araméen errant, le Seigneur nous a fait sortir d’Egypte et nous a donné un pays ruisselant de lait et de miel», a cité le dominicain Guy Musy, de la COTMEC, (Deutéronome, 26). «Nombre d’entre nous avons un père ou un grand-père Fribourgeois ou Valaisan errant. Nous ne devons pas l’oublier et partager notre lait et notre miel avec les nouveaux frères se trouvant parmi nous». (apic/mba/pr)

3 novembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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