Genève: Les trois Eglises relancent leur campagne financière
Appel à la générosité : les chrétiens doivent «se réveiller»
Genève, 18 septembre 1997 (APIC) Les trois Eglises genevoises ont lancé mercredi à Genève leur campagne financière commune. Séparées de l’Etat, les trois Eglises – protestantes, catholique-romaine et catholique-chrétienne – n’en finissent pas de se débattre dans les problèmes financiers. Les trous budgétaires sont importants… Les Eglises, qui ne peuvent compter que sur les contributions volontaires de leurs membres, voient celles-ci diminuer d’année en année. D’où cette nouvelle campagne de sensibilisation du public, essentielle à leurs yeux, qui passera par un affichage commun dans les rues de Genève. Avec pour support le slogan: «Investir dans la générosité», les Eglises lancent un appel pour que les chrétiens se réveillent…
L’Eglise nationale protestante boucle ses comptes 1996 avec un déficit de 3,4 millions de francs sur un budget de 18 millions de francs. Cela s’explique en partie par le fait que l’ENPG vient de financer un plan de retraite anticipée impliquant une totale réorganisation du travail. Dès le 1er octobre, 17 des 94 postes actuels seront supprimés. L’objectif est de parvenir à une économie annuelle de 2 millions de francs, à condition que les rentrées financières restent stables. Aujourd’hui, les autorités doivent déchanter: avec seulement 9,9 millions récoltés, la contribution ecclésiastique est en baisse de 10%.
Les legs et des dons pour boucher le trou
Les rentrées financières de l’Eglise catholique romaine se maintiennent aux alentours de 5,7 millions. Toutefois, les comptes bouclent avec un déficit de 1,5 million, sur un budget de 8,7 millions de francs. Les pertes sont presque entièrement couvertes par des legs et des dons exceptionnels. Ce qui ramène le déficit à quelque 161’000 francs. Pourtant, l’Eglise a diminué ses dépenses de 5%.
Les catholiques-chrétiens sont quant à eux nettement mieux lotis. Seuls 5’000 francs manquent sur un total de dépenses de 251’000 francs, grâce à une augmentation de 50% des contributions. Mais avec seulement un prêtre. un diacre, un stagiaire et un petit secrétariat pour le canton, tout nouveau déficit impliquera une très nette baisse des prestations.
Les trois Eglises sont donc décidées à «réveiller» les chrétiens qui ne contribuent pas mais qui ne manquent pas de s’adresser à elles pour un baptême, ou encore un mariage. Parmi les 102’000 protestants de Genève, seuls 13’500 foyers déboursent; sur 166’000 catholiques, seulement 14’000 contribuent. 800 foyers catholiques-chrétiens versent leurs contributions sur près de 2’000 membres. Nicole Fatio, présidente de l’Eglise protestante s’interroge: «Peut-on se dire chrétien et ne pas participer aux frais de l’Eglise?»
Les étrangers qui forment un tiers de la population genevoise et près de la moitié des catholiques croient souvent que c’est par le biais de la quête du dimanche que leurs prêtres reçoivent leur salaire, explique de son côté Pierre Regad, secrétaire général de la Société catholique-romaine. Autres facteurs d’abstention: la crise économique, sans parler qu’un grand nombre de personnes négligent d’annoncer leur confession sur leur feuille d’impôt, par indifférence ou par ignorance… (apic/spp/pr)



