Genève: Numéro de juillet-août de «Choisir» consacré au voyage
Les contradictions du voyageur
Genève, 30 juin 2003 (Apic) Le voyage? Quoi de plus normal en cette période de vacances. «Choisir», la revue des jésuites de Suisse romande, consacre son numéro de juillet-août à ce thème. A ce chapitre de saison, la rédaction ajoute une page consacrée à la position de Jean Paul II dans la guerre en Irak, et à son refus de celle-ci. Un refus personnel quelque peu «émoussé» par l’attitude des diplomates du Vatican.
Pour réussir un voyage, il faut «accepter l’imprévu, retrouver le sens de la lenteur et mettre de la distance entre soi et un quotidien souvent aliénant», écrit Pierre Emonet dans l’éditorial de cette nouvelle livraison en partie consacrée au voyage.
«Partir n’est donc pas la chose aisée qu’on aimerait qu’elle soit. Bien souvent le voyage nous met face à un paradoxe: on aspire à l’intranquillité, mais on espère la tranquillité», explique le psychiatre Christian Marin (La valise: de l’utilitaire au symbolique). Entre les lieux familiers et l’ailleurs, la valise peut servir de lien rassurant, car elle est porteuse d’intimité et d’objets fétiches.
Autre manière d’apprivoiser «l’ailleurs», le fixer sur pellicule. Charles- Henri Favrod, ancien directeur du Musée pour la photographie de l’Elysée, évoque l’essor de la photographie de voyage depuis les pionniers du XIXe siècle et l’évolution technologique qui l’accompagne (La photographie et l’»ailleurs»).
Prise de vue, prise de vie, mais qui ne détruit pas le mystère de l’être, la photographie reste un capteur du temps, un ferment de l’imagination. «Choisir» se penche sur les grands voyageurs qui l’ont expérimenté, telle qu’Ella Maillart, dont on fête cette année le centenaire de la naissance. A cette occasion, la revue publie une lettre de Teilhard de Chardin à Ella Maillart qui laisse deviner la teneur de leurs entretiens et les questions qui les habitaient.
«Pacifisme raisonnable»
Second volet à ce numéro «de vacances», qui ramène à des réalités moins reposantes et tellement condamnable: La guerre en Irak, avec un chapitre consacré au «pacifisme raisonnable» du pape. Surtout que les prétextes utilisés sinon manipulés de Washington et Londres à propos des «armes de destruction massives», s’apparentent de plus en plus au mensonge.
La guerre contre l’Irak a trouvé en Jean Paul II un opposant décidé, relève la revue. «Mais le refus absolu du pape contre toute guerre a été émoussé par la diplomatie vaticane qui accepte une «guerre juste». Giancarlo Zizola, journaliste, spécialiste des questions vaticanes analyse la tension entre la parole prophétique du pape et les propos «réalistes» des diplomates.
Enfin, dernier volet, la montagne qui invite à la spiritualité. D’espace et d’évolution personnelle, il est en effet aussi question dans l’article de Jean-Blaise Fellay, historien et guide de montagne, qui partage le témoignage de sa propre expérience. «Comprendre la fragilité et la grandeur de la vie, contempler et ressentir la beauté du monde, se plonger dans le silence pour rendre grâce: la montagne est un terrain propice aux bouleversements spirituels. Elle est école de courage et donne le sens de l’admiration et de la reconnaissance. Prier sur la montagne c’est, avant tout, l’art de rendre grâce».
Rome: Le pape se dit prêt à se consacrer «pleinement» au service de l’unité de l’Eglise.
En présence d’une délégation du patriarcat de Constantinople
Rome, 30 juin 2003 (Apic) Le pape Jean Paul II a déclaré être prêt à se consacrer «pleinement» au service de l’unité de l’Eglise, dans la soirée du 29 juin, au cours de la messe célébrée place Saint-Pierre à l’occasion de la fête des saints Pierre et Paul. La cérémonie a été particulièrement marquée par la présence d’une délégation du patriarcat orthodoxe de Constantinople.
«En tant qu’évêque de Rome et successeur de Pierre, je renouvelle aujourd’hui, à l’occasion de cette fête suggestive, ma pleine disponibilité à mettre ma personne au service de la communion entre tous les disciples du Christ», a déclaré le pape au cours de l’homélie. Il venait de saluer chaleureusement le patriarche Bartholomée Ier, chef de la branche oecuménique des Eglises orthodoxes, représenté par le métropolite Dimitrios, représentant du patriarcat de Constantinople en Amérique.
Chaque année, une délégation orthodoxe assiste à la messe commémorative des saints Pierre et Paul, fondateurs de l’Eglise catholique romaine. Ce geste est particulièrement symbolique, le pape étant lui-même le successeur de saint Pierre et principal obstacle au dialogue avec les orthodoxes. Jean- Paul II a déjà proposé, à plusieurs reprises au cours de son pontificat, que la manière d’appliquer la primauté du pape soit repensée, dans l’objectif de favoriser l’oecuménisme.
«Le Seigneur, qui connaît nos faiblesses et nos hésitations, nous promet son aide pour dépasser les obstacles qui empêchent la concélébration de l’unique Eucharistie», a poursuivi le pape en s’adressant aux prélats orthodoxes, assis sur le parvis de la basilique Saint-Pierre, à quelques mètres de l’autel pontifical.
Parmi les intentions de prière, l’une d’entre elles, lue par un jeune séminariste orthodoxe en grec, invitait plus particulièrement les fidèles rassemblés sur la place Saint-Pierre à prier «pour toutes les Eglises orthodoxes, afin qu’elles renouvellent leur foi et que tous ensemble, nous puissions accélérer l’heure de la pleine communion».
Dialogue fragile
La présence du nouvel archevêque d’Astana, au Kazakhstan, Mgr Tomasz Peta, rappelait toutefois la fragilité de ce dialogue et les difficultés toujours existantes notamment entre l’Eglise catholique et le patriarcat de Moscou. Ce dernier, dirigé par le patriarche Alexis II, refuse depuis plusieurs siècles tout dialogue avec Rome. Le 17 mai dernier, l’administration apostolique qui gérait jusqu’alors les catholiques présents dans l’ex- République soviétique a été élevée au rang d’archidiocèse, suscitant de nouveaux remous au sein de la hiérarchie orthodoxe russe.
Au cours de la longue cérémonie – qui a duré plus de deux heures et demie -, Jean Paul II est apparu fatigué, ayant notamment des difficultés à prononcer son discours. Malgré le fait que la messe ait été célébrée en fin de journée, la température était encore très élevée. Mais le pape a lui- même tenu à remettre à chacun des 40 archevêques nommés dans l’année leur pallium, une écharpe de laine symbolisant leur fidélité au pape et à l’Eglise.
Agé de 83 ans, Jean-Paul II fête cette année le 25e anniversaire de son élection sur le siège de Pierre. Dans la longue liste des 264 papes ayant dirigé l’Eglise catholique depuis saint Pierre, il est ainsi le 4e pontificat le plus long de l’histoire. La première intention de prière lue au cours de la messe du 29 juin, priait en particulier pour le pape, «afin que dans sa vieillesse bénie, il témoigne de la souffrance du Christ». (apic/imedia/sh)




