Inégalités sociales mondiales et Déclaration commune en débat
Genève: Ouverture de la réunion annuelle de la FLM
Genève, 11 juin 1998 (APIC) Le président de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), l’évêque Christian Krause, de l’Eglise évangélique du Brunswick, en Allemagne, a appelé les Eglises à s’attaquer ensemble au problème des inégalités mondiales qui laissent croître la désespérance et alimentent le radicalisme et le fondamentalisme. En débat également, la déclaration commune avec l’Eglise catholique sur la question de la justification.
S’exprimant le 8 juin lors de l’ouverture de la réunion annuelle du Conseil de la FLM, l’évêque Krause s’est associé à la démarche des responsables d’Eglise qui réclament une remise de la dette des pays les plus pauvres, au seuil du nouveau millénaire.
Revenant d’une tournée de visites en Amérique centrale et en Amérique latine, l’évêque Krause a note qu’»en Bolivie et dans une partie du Brésil règne une atmosphère de guerre civile, parce que 10 % des couches supérieures aisées ne réussissent pas à effectuer une réforme foncière digne de ce nom».
Les luthériens peuvent constater qu’une des doctrines-clés de la confession luthérienne, celle de la justification, a une dimension sociale. Il existe une relation étroite entre la remise des péchés par Dieu, par la justification, et la remise des dettes, a expliqué l’évêque Krause. «Un christianisme européen qui se retrancherait derrière une interprétation individualiste de la justification, sans songer à une remise de la dette aux peuples du Sud, serait de l’hypocrisie. L’étouffement que provoque l’endettement des peuples de l’Amérique centrale et de l’Amérique latine empêchant tout nouveau commencement, est devenu particulièrement évident au Nicaragua», a-t-il poursuivi.
Elu à la tête de la FLM l’an dernier lors de l’Assemblée à Hong kong, l’évêque Krause s’exprimait pour la première fois devant les membres du Conseil en tant que président de cette organisation, qui compte 124 Eglises membres dans 69 pays.
Déclaration commune avec l’Eglise catholique: la majorité de la FLM favorable
La question de la doctrine de la justification sera l’un des grands sujets de débat de la réunion, qui se poursuivra jusqu’au 17 juin. En effet, les participants devront décider s’ils approuvent un projet de Déclaration commune avec l’Eglise catholique-romaine sur la justification, qui est l’un des points de divergence entre les deux traditions depuis la rupture entre Martin Luther et Rome, au 16e siècle.
Le Conseil examinera les réponses des Eglises membres à la Déclaration commune, particulièrement controversée en Allemagne, où un grand nombre de théologiens protestants ont appelé les Eglises luthériennes du pays à rejeter le projet.
Selon les chiffres présentés le 9 juin aux participants, sur les 86 Eglises qui ont répondu concernant la Déclaration commune, 79 ont donné leur accord, cinq ont répondu négativement, et deux Eglises ont donné des réponses ambiguës qui «sont difficiles à interpréter mais semblent être négatives». Un certain nombre d’Eglises qui ont soutenu la proposition ont aussi ajouté des commentaires. Les 79 Eglises qui ont approuvé la Déclaration commune représentent 78,5 % des luthériens appartenant aux Eglises membres de la FLM. (apic/eni/pr)




