Appuyer les organisations citoyennes
Genève: Premier carrefour genevois de la solidarité, une belle réussite!
Genève, 15 janvier 2005 (Apic) Forte d’une cinquantaine d’associations soutenant des partenaires dans les pays du Sud, la Fédération genevoise de coopération (FGC) a tenu, en cette fin de semaine, le «premier carrefour genevois de la solidarité». Est-ce «l’effet tsunami» ? Cette manifestation au Forum Meyrin a attiré un public nombreux qui a participé aux discussions avec un vif intérêt.
«La solidarité est indivisible. Elle doit s’appliquer aussi bien au Nord qu’au Sud», a lancé Jean-Marc Denervaud, président de la Fédération genevoise de coopération, à l’issue d’une soirée et d’une journée de débats sur des thèmes comme la légitimité des organisations non gouvernementales ou l’évasion fiscale.
Avec des intervenants venus du Bangladesh, du Cameroun et du Brésil confrontés, entre autres, à Walter Fust, directeur de la Direction du Développement et de la Coopération à Berne. Un Walter Fust faisant preuve d’un optimisme que ne partageait pas, par exemple, le Camerounais Bernard Njonga, anxieux de voir d’innombrables jeunes privés d’avenir, les bras ballants sur les trottoirs de Yaoundé ou de Douala.
Jean-Marc Denervaud préfère le mot solidarité à celui de développement, car il n’implique ni croissance économique ni exportation du modèle occidental. La solidarité vise, dit-il, à réduire les inégalités, à assurer à tous une vie dans la dignité par la satisfaction des besoins de base, et à accroître la citoyenneté. Ce thème de la citoyenneté, comme moteur du changement social, a d’ailleurs été au coeur de plusieurs échanges. L’on a insisté sur une priorité à accorder, dans l’aide, aux organisations citoyennes du Sud.
Réinventer le développement, non à une perpétuelle croissance
L’une des tables rondes avait pour titre «Et si l’on réinventait le développement ?» Dans cette perspective, un autre thème a traversé les débats, celui de «l’économie du suffisant», pour reprendre l’expression du Brésilien Marcos Arruda. Une idée qui s’oppose à celle d’une perpétuelle croissance.
«Un enfant cesse un jour de grandir et développe d’autres potentialités comme les relations humaines, l’expression artistique ou la vie spirituelle. Nous surexploitons déjà les ressources de la terre et il faudrait quatre ou cinq planètes pour que tous les habitants du globe puissent consommer autant que la moyenne des Suisses», a rappelé Bernard Comoli, membre du Mouvement pour la coopération internationale. Du public est venue cette proposition «révolutionnaire»: celle de promouvoir une société frugale. (apic/mba/be)




