Le fondamentalisme religieux n’existe pas que dans l’islam

Genève: Première interview du nouveau secrétaire général du COE

Genève, 12 janvier 2004 (Apic) Le dialogue interreligieux devrait figurer parmi les priorités du pasteur Sam Kobia, du Kenya, nouveau secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE), institution qui regroupe des Eglises protestantes, anglicanes et orthodoxes de plus de 100 pays. Selon lui, le fondamentalisme religieux n’existe pas que dans l’islam. Il annonce son voeu de mettre sur pied un colloque mondial sur le dialogue interreligieux et la coopération.

Dans sa première interview accordée à l’agence oecuménique ENI, le pasteur Sam Kobia estime que le COE est «la meilleure plate-forme pour faciliter le dialogue mondial entre les différentes religions ». Selon lui, il n’y a aucune autre organisation ayant un tel mandat: « Pour de nombreuses personnes en quête d’identité, la religion joue aujourd’hui un rôle très important». Le nouveau secrétaire général annonce son intention d’organiser un colloque mondial sur le dialogue interreligieux et la coopération.

Le Kenyan Sam Kobia également fait référence à la visite effectuée au COE le 11 décembre par le président iranien Mohammad Khatami. Ce dernier avait lancé un appel au dialogue interreligieux comme une source de paix et de stabilité et comme alternative au fondamentalisme religieux.

Le fondamentalisme peut être utilisé comme source de conflits

Le nouveau secrétaire général a pour sa part averti que le fondamentalisme religieux peut être utilisé comme source de conflits et de violence: ” Ce n’est pas seulement dans l’islam que ce phénomène existe», a-t-il dit, faisant allusion à la perception de nombreux chrétiens sur ce plan. »Le fondamentalisme religieux, que ce soit au sein de l’islam, du christianisme ou du bouddhisme, ou parmi les hindous, comme nous le voyons en Inde, peut être très dangereux », a-t-il déclaré. Pour lui, seul le dialogue entre les religions permettra d’avancer des jalons.

Sam Kobia a confié à l’agence ENI que peu après son élection, en septembre, il s’est trouvé en présence du vice-président soudanais Ali Osman Taha, un musulman, et du chef du mouvement rebelle de l’Armée populaire de libération du Soudan, John Garang, un anglican. « Lorsque j’étais avec eux, ils ont fait une remarque très émouvante, alors qu’ils étaient très engagés l’un et l’autre dans les négociations de paix. Ils ont dit: « Nous voulons parvenir à un accord d’ici la fin de l’année 2003, et ce sera notre contribution au premier secrétaire général africain du COE. »

Le gouvernement soudanais et les représentants des rebelles ont effectivement signé un accord le mercredi 7 janvier sur le partage des richesses du pays, éliminant ainsi un obstacle important pour la conclusion d’un accord de paix global, après la longue guerre civile qui a déchiré le pays.

Né en 1947, Sam Kobia est un pasteur ordonné de l’Eglise méthodiste du Kenya et le premier secrétaire général africain du COE. Il succède à Konrad Raiser, de l’Eglise évangélique d’Allemagne, secrétaire général pendant 11 ans, avant de prendre sa retraite le 31 décembre. (apic/eni/vb)

12 janvier 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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