commune avec les catholiques sur la doctrine de la justification

Genève: Réactions après l’adoption, par les luthériens, de la déclaration

«Un moment historique», dit le secrétaire général de la FLM

Genève, 17 juin 1998 (APIC) «Ceci est un moment historique pour lequel nous avons prié et que nous espérions», a déclaré le secrétaire général de la FLM, Ishmael Noko, après l’adoption, par le Conseil de la Fédération mondiale et à l’unanimité, de la déclaration commune avec l’Eglise catholique-romaine sur la doctrine de la justification.

En l’approuvant, la FLM a mis fin à un conflit doctrinal de 400 ans. La Déclaration commune a été préparée par des représentants de la FLM et de l’Eglise catholique-romaine. Le Vatican n’a pas répondu officiellement au document mais les responsables de la FLM pensent que cette réponse devrait être donnée très prochainement.

Mgr John Radano, du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, présent en qualité d’observateur, a adressé ses félicitations au Conseil de la FLM pour cette décision. «C’est un grand moment dans notre relation», a-t-il dit aux participants.

Le président de la FLM, l’évêque Christian Krause, de l’Eglise évangélique du Brunswick, en Allemagne, a exprimé l’espoir, lors de la conférence de presse qui a suivi, mardi, que la réponse officielle de l’Eglise catholique-romaine serait «dans le même esprit» que celui qui a prévalu lors de la réunion du Conseil.

Même si elle est officiellement approuvée par l’Eglise catholique-romaine, la Déclaration ne règle pas toutes les divergences doctrinales entre les luthériens et les catholiques et ne signifie pas qu’il peut y avoir hospitalité eucharistique ou intercommunion.

Mais l’évêque Krause a souligné que la Déclaration commune encourageait «les communautés à continuer à rechercher davantage d’unité».

Selon Ishmael Noko, si la déclaration reçoit le soutien officiel de l’Eglise catholique il y aura un «climat différent» dans les relations entre les deux traditions, qui permettra de débattre des questions «difficiles» telles que le rôle de l’évêque de Rome.

La déclaration commune a été particulièrement controversée en Allemagne, centre de la Réforme luthérienne, où plus de 140 théologiens protestants avaient signé un appel sans précédent appelant les Eglises luthériennes à rejeter la Déclaration commune. Pourtant, la plupart des Eglises luthériennes allemandes ont apporté leur soutien à la Déclaration.

Poursuivre les recherches

Le Conseil de la FLM a appelé à «poursuivre les recherches en commun sur les conséquences de cette doctrine dans des domaines spécifiques de l’enseignement et de la pratique ecclésiaux et aussi sur les thèmes controversés de la doctrine de la justification apparus comme tels au cours de la procédure de réception du document».

Pour les représentants de nombreuses Eglises luthériennes minoritaires, en particulier de pays d’Europe orientale et d’Amérique latine où les catholiques sont majoritaires, la Déclaration commune va promouvoir des relations positives entre catholiques et luthériens.

L’évêque Bela Harmati de l’Eglise évangélique luthérienne de Hongrie a souligné que «l’entente oecuménique entre nous (luthériens et catholiques) n’a jamais été aussi bonne qu’aujourd’hui».

Pour Huberto Kirchheim, président de l’Eglise évangélique de la confession luthérienne du Brésil et vice-président de la FLM, il est bon, dans une perspective latino-américaine, de compter tant de réactions positives à la Déclaration commune. «La fin du millénaire est un moment historique important», a-t-il dit.

Quant à Prasanna Kumari, de l’Eglise luthérienne Arcot, de l’Inde, vice-présidente de la FLM, elle a déclaré que cette «étape du dialogue entre luthériens et catholiques était accueillie avec grande satisfaction en Inde en raison de notre situation minoritaire».

«Ce processus vers l’unité se poursuivra»

Selon les derniers chiffres disponibles, du 12 juin, 89 Eglises, représentant 94,4 % des luthériens de la FLM, ont apporté une réponse officielle à la Déclaration. Sur celles-ci 80 ont donné leur approbation à la Déclaration. La réponse d’une autre Eglise a été difficile à interpréter mais semblait être positive. Au total ces réponses représentent 91% des réponses reçues et 84,1% des luthériens de la FLM. Cinq Eglises ont répondu de façon négative, et trois autres Eglises ont donné des réponses ambiguës qui semblent négatives; au total, elles représentent 9% des réponses reçues, et 10,8% des luthériens de la FLM.

Autre réaction: celle d’Alan Falconer, directeur de Foi et constitution au Conseil oecuménique des Eglises (COE) selon qui les relations entre les luthériens et catholiques ne seront jamais plus les mêmes». Les slogans et les caricatures de 400 ans d’histoire ont été remplacés par une nouvelle entente et relation. Ce processus vers l’unité se poursuivra», a-t-il déclaré à l’Agence œcuménique ENI. (apic/eni/pr)

3 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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