Pascal Lamy: Ouvrir le commerce pour une plus grande justice
Genève: Rencontre du directeur général de l’OMC avec le secrétaire général du COE
Genève, 15 septembre 2006 (Apic) Pascal Lamy, directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) s’est entretenu pour la première fois avec Samuel Kobia, secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE). Il était accompagné de membres de l’Alliance oecuménique «agir ensemble» (EAA), une organisation chrétienne qui lutte en faveur du commerce équitable.
Pascal Lamy a déclaré que la rencontre de mercredi au siège du COE à Genève était «un début» et qu’il espérait s’engager plus avant avec les organisation de société civile et d’inspiration religieuse comme l’EAA. «A l’OMC, nous sommes convaincus que ce pour quoi nous travaillons, soit l’ouverture du commerce, contribue à une plus grande justice,» a déclaré Pascal Lamy à l’agence de presse oecuménique ENI après la réunion.
A l’issue de la rencontre, le pasteur Kobia a approuvé la décision de Pascal Lamy de poursuivre les discussions sur le commerce équitable. Le secrétaire général du COE a fait savoir à Pascal Lamy que, en raison de l’échec en juillet des négociations à l’OMC visant à assurer de nouvelles règles pour le commerce international, le COE envisageait de promouvoir le dialogue entre organisations religieuses, politiques et économiques.
L’échec des négociations de l’OMC, une chance à saisir
«J’ai dit que le directeur général de l’OMC devait saisir l’échec des négociations comme une chance pour redresser une fois pour toutes les inégalités et résoudre les problèmes inhérents à l’OMC, qui découlent de son système où les membres les plus forts sont ceux qui mènent la danse,» a affirmé le pasteur Kobia. Début septembre, le Comité central du COE avait appelé les plus de 340 Eglises du monde entier qui le composent à encourager leurs gouvernements à poursuivre leurs efforts en vue d’un nouveau mécanisme commercial multilatéral et de nouvelles règles commerciales multilatérales justes et démocratiques.
Selon lui, toutes les règles et les accords commerciaux doivent se fonder sur l’engagement de «protéger et promouvoir les intérêts des Etats plus petits, plus faibles et plus vulnérables». Pour Pascal Lamy, s’il existe des désaccords «dans certains domaines, notamment celui de l’injustice de certaines règles, alors nous devons en discuter et essayer de trouver quelque chose de mieux». Il a ajouté : «j’espère que cela donnera suite à de nouveaux dialogues et des discussions plus précises et plus approfondies.»
Le directeur général de l’OMC s’était déjà rendu au siège du COE à Genève le 29 juin pour exposer son point de vue aux membres des délégations non gouvernementales alors que se déroulaient les négociations mondiales sur le commerce, qui ont échoué quelques jours plus tard. A cette occasion, une pétition signée par des milliers de chrétiens et des centaines de responsable d’Eglise lui avait été remise. C’est après avoir reçu cette pétition que Pascal Lamy a décidé de proposer la discussion qui a eu lieu le 13 septembre. (apic/eni/be)



