La ville du bout du lac au diapason d’Assise

Genève: Rencontre interreligieuse de prière pour la paix

Genève, 25 janvier 2002 (APIC) «Il n’est pas demandé à une pauvre petite goutte d’eau de féconder toute seule le Sahara, mais si toutes les petites gouttes d’eau se mettent ensemble, alors elles allumeront un gigantesque arc-en-ciel et il n’y aura plus de désert», a déclaré jeudi soir à Genève Mgr Bernard Genoud. L’évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg a présidé en l’église genevoise St-Nicolas de Flue, la cérémonie de prière pour la paix, dans la foulée d’Assise, devant quelque 500 personnes accourues à de l’Eglise catholique diocésaine.

Moins spectaculaire que celle d’Assise, la cérémonie a rassemblé trois évêques (dont un orthodoxe), un nonce apostolique, une pasteure, un rabbin et un responsable musulman. Parmi les invités, on notait également la présence de nombreux membres du Rassemblement des Eglises et Communautés chrétiennes (RECG) et de la Plate-forme interreligieuse. Enfin, quelque 80 diplomates avaient eux aussi répondu à l’invitation, témoignant ainsi du caractère international de Genève, et de sa vocation «à devenir une place d’avant-garde pour le dialogue et la paix», selon le v?u de Mgr Diarmuid Martin, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU.

Quant au thème de la rencontre, qui reprenait celui choisi par le pape pour la journée mondiale de la Paix 2002: «Pas de paix sans justice, pas de justice sans pardon», il avait une portée suffisamment universelle pour qu’au-delà de leurs différences, les intervenants se sentent tous sur la même longueur d’onde. Leurs témoignages, divers par la forme, ont donc parfaitement convergé sur le fond.

Appel à la tolérance et à la fraternité pour le rabbin François Garaï, incitant chacun à «accepter que l’autre puisse avoir raison, à se remettre en question dans le respect absolu du prochain, à comprendre sans juger, à aimer». Appel à la responsabilité personnelle, à la modération, à la sincérité et au dialogue «sur ce qui nous est commun et essentiel» pour Hafid Ouardiri, porte-parole de la communauté islamique. Méditation sur le dépouillement et le désarmement intérieur pour Mgr Makarios, reprenant un texte célèbre du patriarche Athénagoras. Enfin, appel à la prière et à l’action pour Isabelle Graesslé, modératrice de la Compagnie des pasteurs genevois.

Entre égoïsme et générosité

Evoquant les attentats du 11 septembre, Mgr Genoud a lancé de son côté un appel à prier pour les victimes comme aussi pour leurs bourreaux, et à «sortir du sommeil de nos conforts pour devenir des sentinelles de justice et de paix». Comment ? En construisant une société humaine fondée sur des valeurs unanimement partagées (justice, amour, vérité, partage, pardon) sans lesquelles il ne peut y avoir ni paix des cultures, ni paix des civilisations, ni paix politique et économique, ni paix militaire. L’avenir de l’humanité, a développé Mgr Genoud, se joue entre l’égoïsme et la générosité. Invitant les jeunes de tous les horizons à concrétiser leur soif de bonheur «en faisant le bonheur des autres», il a conclu par un appel à la conversion des c?urs, qui seule pourra redonner ses chances à la paix promise. Une paix dont les enfants se sont faits aussitôt les premiers messagers, la transmettant aux uns et aux autres par une poignée de main, et jetant par-dessus la foule comme un début d’arc-en-ciel. (apic/Gladys Théodoloz/pr)

25 janvier 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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