Genève: Sortie d’un ouvrage des milieux «quakers» pour aider les plus faibles
But: rééquilibrer les discussions sur l’alimentation et la biodiversité
Genève, 24 janvier 2008 (Apic) Dans un livre – uniquement en anglais (*) – consacré à la maîtrise future de l’alimentation, les milieux «quakers» souhaitent venir en aide aux «acteurs mineurs» dans les négociations internationales sur la propriété intellectuelle, la biodiversité et la sécurité alimentaire.
Par leur «guide sur les négociations et les règles internationales en matière de propriété intellectuelle, de biodiversité et de sécurité alimentaire», les quakers – en fait l’aile gauche de la Réforme, que l’on appelle également anabaptistes ou mennonites – espèrent aider ainsi les plus faibles dans les négociations. Tasmin Rajotte, du Programme quaker des affaires internationales, espère que ce guide – présenté récemment à Genève – aidera les parties désavantagées devant négocier avec de grosses et puissantes délégations, «comme celle des Etats-Unis, qui viennent aux négociations internationales accompagnée de 500 avocats et autres experts».
Les origines du mouvement quaker, officiellement connu sous le nom de «Société religieuse des amis», remontent au milieu du XVIIe siècle. Ce mouvement d’inspiration chrétienne milite en faveur du pacifisme et il est réputé pour son engagement envers la justice sociale.
Le livre des «quakers» est publié par Earthscan et soutenu par le Centre canadien de recherches pour le développement international. Il est sorti cette semaine à Genève, à l’occasion d’une réunion du groupe de travail des Nations Unies qui négociait une éventuelle norme internationale ou un protocole relatifs à l’accès aux ressources génétiques et à la manière de partager équitablement les avantages tirés de leur utilisation.
Petits paysans, peuples autochtones, diplomates des pays pauvres: exclus du jeu
Tasmin Rajotte, qui a participé à la rédaction de l’ouvrage, a souligné que c’était le secteur commercial du monde développé qui formulait l’ordre du jour dans les négociations internationales. Et de relever que les «acteurs mineurs» – tels que les paysans ordinaires, les peuples autochtones ou même les diplomates des pays en développement – ont un accès limité non seulement aux informations concernant les négociations mais aussi aux réunions, en raison de problèmes logistiques. Dans le livre, les auteurs s’alarment du fait que les questions de biodiversité et d’alimentation sont sujettes au système du droit de la propriété intellectuelle (DPI).
«Le DPI exige des brevets, or les brevets sont synonymes d’exclusion, car c’est ainsi que les grandes entreprises des Etats-Unis et de l’Union européenne peuvent contrôler sans partage non seulement l’industrie pharmaceutique, mais aussi le secteur alimentaire», explique Geoff Tansey, autre auteur et éditeur du livre et consultant du programme quaker.
Des brevets synonymes d’exclusion
Lors de la sortie du livre, Geoff Tansey a souligné la nécessité de mécanismes garantissant «la transparence et l’accès» à l’information. Les auteurs affirment que, dans les débats, les véritables problèmes sont souvent ensevelis sous le jargon politique et juridique des avocats. Dans le chapitre de conclusion, Geoff Tansey affirme espérer que ce livre permettrait «d’approfondir les discussions menant à la création de règles sur la propriété intellectuelle, la biodiversité et la sécurité alimentaire, et de conduire à une issue plus juste pour chacun». JB/ENI
(*) «The Future Control of Food: A Guide to International Negotiations and Rules on Intellectual Property, Biodiversity and Food Security» (apic/eni/be)



