Un observatoire-pilote se crée

Genève: Suite à la révision des lois sur l’asile et sur les étrangers

Genève, 2 avril 2007 (APIC) Les défenseurs genevois des requérants d’asile et des étrangers ne baissent pas les bras, après le vote des lois restrictives du 24 septembre dernier. Ils ont mis sur pied un Observatoire, utile quand il s’agira de lancer un tel Observatoire sur le plan national.

Lors d’une conférence de presse le 2 avril à Genève, Ismail Türker, co-président de la Coordination contre l’exclusion et la xénophobie, a évoqué le climat dans lequel est créé l’Observatoire genevois du droit d’asile et des étrangers. «Un observatoire qui ne va pas à lui seul renverser la vapeur, mais qui aidera, en décrivant la réalité, à sortir le débat des généralités», a souligné Yves Brutsch, l’autre co-président de la Coordination.

Qui ajoute: «Les deux tiers des votants se sont prononcés pour ces lois, le 24 septembre. Sans forcément se rallier aux sirènes xénophobes, ils avaient l’impression que ce qu’on leur proposait était acceptable. Nous qui sommes confrontés à l’application rigide, dure et parfois arbitraire de la législation, nous nous sommes demandés de quelle façon ouvrir les yeux des citoyens. Avec cet observatoire, nous entendons révéler des cas précis, vérifiés, qui illustreront les dérapages des autorités».

La «superficialité» de l’Office fédéral des migrations

Rassemblant 53 organisations, la Coordination genevoise a disposé des forces nécessaires pour créer cet Observatoire, grâce notamment au Centre social protestant et au Syndicat interprofessionnel des travailleurs. «Nous avons établi une méthodologie. Il s’agira d’obtenir des informations auprès des organismes en contact avec des migrants. Nous les vérifierons, pour qu’elles soient inattaquables», dit Aldo Brina, de la Coordination. Les sept premières fiches ont été présentées à la presse. D’autres vont être élaborées et finiront par constituer une base de données, même si l’on entend mettre l’accent sur la qualité des informations plutôt que sur leur quantité. «Nous consacrons plus de temps à chaque cas que l’Office fédéral des migrations qui, comme le montrent certaines de nos fiches, se fonde parfois sur un examen superficiel pour prendre ses décisions», a relevé Yves Brutsch.

Ces fiches seront, ultérieurement, mises à disposition sur Internet, à l’intention de la presse, des politiciens, des citoyens et des organismes intéressés. Déjà en place, l’Observatoire genevois pourrait ouvrir la voie à un Observatoire national (apic/mba)

2 avril 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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