Vers la suppression d’une vingtaine d’emplois pastoraux?
Genève: Un million de francs manquent au budget 1998 de l’Eglise catholique du canton
Genève, 3 novembre 1997 (APIC) Malgré tous les efforts d’économie consentis, le budget de l’Eglise catholique à Genève laisse apparaître pour 1998 un trou d’un million de francs. «Après avoir épuisé tous les autres moyens à disposition, nous sommes contraints d’envisager la suppression de certains ministères salariés», a déclaré lundi à l’APIC Pierre Regad, secrétaire général de la Société catholique-romaine (SCR)
Si chaque catholique genevois payait ne serait-ce que 100 francs, voire même 50 francs par an, les problèmes seraient aisément résolus. La prise de conscience des nécessités financières de l’Eglise manque gravement, même chez les pratiquants réguliers. Le «scénario catastrophe» de la suppression d’une vingtaine de postes permettra peut-être de provoquer un choc salutaire. Il s’agit cependant encore pour le moment de piste de réflexion et non pas de décision, souligne Pierre Regad
La Société catholique-romaine de Genève ne peut plus faire d’économies substantielles en dehors de la masse salariale. Il ne reste plus d’autres solutions que la non-reconduction de mandats pastoraux ou la diminution linéaire des salaires. Depuis trois ans déjà, l’Eglise genevoise a renoncé à tout nouveau poste ou augmentation de temps de travail ou de salaire, explique le secrétaire général de la SCR.
«Du côté des recettes, nous n’avons aucun moyen d’action et c’est là le principal problème. Si tous les contribuables qui se sont annoncés comme catholiques sur leur feuille d’impôts payaient leur contribution ecclésiastique, nous aurions encaissé l’an dernier 17 millions de francs, soit le double de notre budget actuel». Pour Pierre Regad, les campagnes financières communes avec les autres Eglises, notamment par voie d’affiches n’ont malheureusement pas grand effet. Il faudrait des actions plus ciblées, personnalisées. Il faut pouvoir rejoindre le 90% des catholiques qui ne font aucune contribution. Les 14’000 catholiques payant versent environ 5, 7 millions de francs.
De plus, dans la mentalité locale, on se refuse plutôt à faire état de ses soucis financiers et à signifier aux gens que les services qu’ils demandent à l’Eglise ont un prix, ne serait-ce que celui du mazout pour chauffer l’église lors d’un enterrement, remarque Pierre Regad. «Je suis convaincu que si on avait plus le courage de parler d’argent, les gens se déboutonneraient un peu plus. Il est exclu de faire payer les sacrements, mais il faut faire comprendre qu’autour du sacrement, il y a des heures de travail pour le prêtre, l’assistant pastoral ou le concierge»
Quant à la solidarité intercantonale ou diocésaine, il s’agit pour lui actuellement d’une pure vue de l’esprit: «On n’est même pas capable d’être solidaires entre paroisses riches et paroisses pauvres dans le canton. Dans le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, les prêtres n’ont même pas les mêmes salaires. Avec 2’700 francs à Genève nous sommes à un niveau plancher, même si le logement est généralement compris. Les laïcs touchent 4’600 francs par mois», commente le secrétaire de la SCR. En outre «les paroisses ou les Eglises cantonales ont tendance à thésauriser plutôt qu’à pratiquer un partage plus large». (apic/mp)



