Géorgie: Le pape demande aux autorités d'avoir à cœur le sort de l’être humain

«Je remercie le Dieu Tout-Puissant de m’avoir offert l’opportunité de visiter cette terre bénie», a déclaré le 30 septembre 2016 le pape François lors de sa première prise de parole en Géorgie.

Juste après son arrivée, le pape a rejoint le palais présidentiel pour une rencontre avec le président de la République Guiorgui Margvelachvili. Il a ensuite prononcé son tout premier discours devant les autorités du pays, le corps diplomatique et la société civile, en demandant le respect de «l’être humain».

Après avoir été accueilli à l’aéroport de Tbilissi par le nonce apostolique en Arménie et en Azerbaïdjan, Mgr Marek Solczynski, et le patriarche orthodoxe de toute la Géorgie Ilia II, le pape François s’est rendu au palais présidentiel pour une visite de courtoisie au président de la République géorgienne, Guiorgui Margvelachvili.

L’identité chrétienne de la Géorgie

«Je remercie le Dieu Tout-Puissant de m’avoir offert l’opportunité de visiter cette terre bénie, lieu de rencontre et d’échange vital entre cultures et civilisations, qui a trouvé dans le christianisme (…) sa plus profonde identité et le fondement sûr de ses valeurs», a déclaré le pape François en guise d’introduction à son discours devant le président géorgien et les autorités du pays, dans la cour du palais présidentiel.

Citant le discours de Jean Paul II lors de sa visite en 1999 – «Le christianisme est devenu le germe de la floraison successive de la culture géorgienne» -, le pape François a souhaité que «cette semence continue de produire ses fruits». «Comme l’exprime avec fierté votre hymne national: «Mon icône est ma patrie, son écrin est le monde entier, ses montagnes et ses plaines baignées de lumière sont en partage avec Dieu».

Le pape François a relevé que la Géorgie, un pays qui par son enracinement dans les valeurs exprimées par sa culture, sa langue et ses traditions, «s’insère de plein droit et de manière féconde dans la civilisation européenne», est, par sa position géographique, «un pont naturel entre l’Europe et l’Asie».

Pas de mention de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie

Sans nommer les provinces séparatistes d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie, qui ont fait sécession et proclamé unilatéralement leur indépendance en 2008, le pape a souhaité «la possibilité de vivre en paix sur sa terre ou d’y retourner librement si, pour quelque motif, il a été contraint de l’abandonner». Il a invité les responsables politiques à ne pas oublier les personnes déplacées en raison du conflit.

Le Souverain pontife a poursuivi son discours par des paroles de paix, mettant en garde contre «les extrémismes violents qui manipulent et déforment des principes de nature civile et religieuse pour les asservir à des projets obscurs de domination et de mort».

Pour éviter de sombrer dans ce piège, le pape a demandé que soit respecté «en premier lieu l’être humain dans sa dimension concrète», pour mieux «éviter que les divergences débouchent sur des violences visant à provoquer d’énormes dégâts pour l’homme et la société». Enfin le successeur de Pierre a assuré que l’Eglise catholique partage les joies et les inquiétudes du peuple géorgien et qu’elle participerait activement «au bien-être et à la paix de la nation», à l’avenir. (cath.ch-apic/imedia/ah/ap/be)

Le pape François accueilli par le patriarche Ilia II, chef de l'Eglise orthodoxe de Géorgie
30 septembre 2016 | 17:41
par Jacques Berset
Géorgie (19), pape françois (1780), Tbilissi (4)
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