Gestion des abus en Eglise: IG-Miku dénonce les lacunes «considérables»
«Malgré des progrès, des lacunes considérables persistent dans la gestion des abus sexuels dans le contexte ecclésial», a constaté l’association de victimes d’abus IG-Miku lors de son assemblée générale le 18 avril 2026. A cette occasion, l’association a donné son feu vert à la création d’une fédération nationale en lien avec le groupe SAPEC et le GAVA, au Tessin.
Lors de son assemblée générale tenue en ligne, IG-Miku a réclamé davantage de transparence et une protection systématique des victimes d’abus sexuels et spirituels en contexte ecclésial. Dans son rapport annuel 2025, l’association de victimes de Suisse alémanique dresse un bilan sans équivoque: «malgré des progrès, des lacunes considérables persistent dans la gestion des abus sexuels dans le contexte ecclésiastique, notamment en matière de transparence et de protection des victimes».
Lacunes structurelles
«Dans le même temps, l’organisation dénonce des lacunes structurelles. Il arrive encore que des auteurs présumés soient maintenus à des postes sensibles ou ne soient pas systématiquement écartés de ces fonctions», déplore l’association. De plus, la communication manque souvent de transparence. «Trop souvent, on a l’impression que ce sont plutôt les personnes accusées qui sont protégées, tandis que les victimes subissent des contraintes supplémentaires.»
Le cas actuel dans le diocèse de Bâle montre en outre que des mesures tardives et une communication prudente continuent de soulever des questions quant à la protection des victimes potentielles. D’autres développements survenus au début de l’année 2026 sont également source d’inquiétude. Le classement de plusieurs procédures pénales dans le canton de Saint-Gall a de nouveau suscité un sentiment d’impuissance chez les personnes concernées.
Une journée de prière ne suffit pas
IG-Miku accueille avec des sentiments mitigés la journée de prière prévue par la Conférence des évêques suisses pour les victimes d’abus: la visibilité est importante, mais elle ne suffit pas tant que des problèmes structurels persistent.

L’association de protection des victimes réclame des directives nationales contraignantes: une action rapide, une information transparente et une protection systématique des personnes. «Le changement est possible – si l’on écoute, si l’on assume ses responsabilités et si les victimes sont sérieusement impliquées», insiste l’association.
Normes uniformes pour la Suisse
En collaboration avec ses organisations partenaires, le groupe SAPEC et le groupe d’écoute pour les victimes d’abus GAVA, au Tessin, IG-Miku travaille à la création d’une fédération nationale. En approuvant à l’unanimité un capital de démarrage, l’assemblée générale a donné son feu vert à la création d’une fédération faîtière et d’un secrétariat national en collaboration avec les associations romande et tessinoise. L’objectif est de parvenir à des normes uniformes dans toute la Suisse en matière de gestion des abus. (cath.ch/com/bh)





