Interrogations sur le rôle des Eglises dans cet odieux trafic

Ghana: Les délégués de l’ARM au coeur de l’horreur des cachots d’où partaient les esclaves

Accra, 8 août 2004 (Apic) Les cachots des esclaves africains au Ghana ont soulevé la question sur le rôle des Eglises dans ce trafic, au cours de la 24e Assemblée générale de l’Alliance réformée mondiale (ARM), réunie au Ghana.

Transpirant dans des cachot chauds, obscurs et oppressants, entourés de murs de pierre impénétrables, les délégués à cette 24e Assemblée de l’ARM, à Accra, ont visité les cellules d’où partaient des millions d’Africains, victimes du commerce d’esclaves transatlantique, pour être transportés de l’autre coté de l’océan.

«Nous n’avons jamais réalisé combien nos ancêtres ont souffert», a déclaré l’un des délégués des Caraïbes. D’autres représentants des Caraïbes étaient trop émus pour faire part de leur réaction durant la visite, le 3 août, des forts d’Elmina et de Cape Coast, à quelque 150 kilomètres à l’Ouest d’Accra, les deux plus grands lieux de détention de l’époque.

Entre 12 et 25 millions d’Africains de l’Ouest et du Centre ont été emmenés entre les 16e siècle et le milieu du 19e siècle d’Europe vers leurs colonies dans les Amériques. Cela par des pays européens qui se disaient chrétiens.

«Alors que le commerce d’esclaves se poursuivait, les peuples de tradition réformée se taisaient», a commenté Mark Lomax, un presbytérien des Etats-Unis. «Ils avaient des chapelles, situées au-dessus des cachots où étaient détenus les esclaves, quand ils priaient Dieu. Certains pourraient se poser des questions sur la richesse de l’Occident comparée à la pauvreté en Afrique».

«Pèlerinage» dans les cachots de la honte

«Où est l’Eglise aujourd’hui, que fait-elle et de quelle façon?» a-t- il demandé De nombreux participants étaient au bord des larmes en parcourant les cachots et les cellules disciplinaires où les Africains étaient traités dans les conditions les plus inhumaines. Avant de partir par «la porte sans retour». De nombreux esclaves, entassés dans les soutes des navires, mouraient de maladie et d’étouffement lors de la traversée. Pour ceux qui survivaient encore, les épreuves les attendaient à leur arrivée dans le «Nouveau Monde».

Selon la documentation du musée du fort de Cape Coast, un tiers sont arrivés au Brésil, un autre tiers dans les îles des Caraïbes, et le troisième tiers ont été répartis dans le reste des Amériques.

Pour les délégués, «ce pèlerinage» accompli dans ces cachots, où un nombre incalculable d’Africains sont morts ou ont été privés de leur humanité par des chrétiens, a été ressenti comme un contrepoint fort au thème de l’Assemblée: «Que tous aient la vie en plénitude». (apic/eni/pr)

8 août 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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