Vatican

Gianluigi Nuzzi dénonce une entreprise de 'délégitimation' à l'encontre du pape François

Rome, 04.11.2015 (cath.ch-apic) Le journaliste Gianluigi Nuzzi, auteur du livre Chemin de croix, à paraître le 11 novembre 2015 en France chez Flammarion, a présenté son livre à la presse, le 4 novembre. Dans un entretien accordé au Monde, il a dénoncé une «entreprise de délégitimation» à l’encontre du pape argentin. Sur son blog, pour faire preuve de sa bonne foi, le journaliste a souhaité que le pape François gagne sa bataille pour que l’Eglise change, n’en déplaise à ses ennemis.

Dans une interview publiée dans Le Monde, Gianluigi Nuzzi assure que le Saint-Siège est le terrain idéal pour les doubles voire les triples jeux, où les camps et les alliances sont mouvants et se font et se défont au gré d’intérêts parfois obscurs. Pour lui, il y a d’un côté le pape et les experts laïcs et religieux dont il s’est entouré pour réformer l’Eglise, assure-t-il, et de l’autre le système curial qui s’oppose à François par des moyens légaux, comme l’inertie, et des moyens illégaux, tels que les vols ou l’intimidation.

Le pape vu comme un intrus dans la curie

Selon l’auteur de Chemin de croix, la publication d’une lettre privée de cardinaux au pape pendant le synode, le coming-out du Père Krzysztof Charamsa, ou encore les rumeurs de tumeur au cerveau du pape feraient partie d’une «véritable tentative de délégitimation» du pape François. Gianluigi Nuzzi avait lui-même été impliqué lors du scandale Vatileaks, à la fin du pontificat de Benoît XVI. Selon lui, les ennemis de François sont les mêmes que ceux de Benoît XVI. L’équipe que le pape argentin a mise en place pour l’aider a du mal à faire collaborer les différents dicastères, avance-t-il, et ses membres sont vus comme des intrus. Dans une certaine mesure, ajoute le journaliste, le pape lui-même est vu comme un intrus. Il est plus facile pour lui de réconcilier les Etats-Unis et Cuba que de réformer le plus petit Etat du monde.

Des extraits de son livre publiés dans Le Monde décrivent un Etat en «pré-faillite», sur fonds de malversations et de corruption. Des marchandises seraient même volées quotidiennement dans les magasins détaxés du Vatican pour être revendues en Italie. L’Administration du patrimoine du Siège apostolique (APSA), résume le quotidien français, serait «incapable de justifier que certains locataires ne paient que 29 euros de loyers annuels pour des appartements de plus de 150 mètres carrés dans le centre historique de la Ville éternelle». Enfin, «80% du denier de Saint-Pierre», destiné essentiellement aux œuvres de charité, servirait en réalité à «boucher les trous dans la gestion de l’Etat le plus mal géré du monde». «Je ne sais pas si la corruption est plus grave que l’amateurisme» commente au Monde Gianluigi Nuzzi.

Gagner une bataille

Tandis que le Saint-Siège rappelait deux jours plus tôt que la publication de documents confidentiels était une trahison et n’aidait pas le pape dans sa mission, Gianluigi Nuzzi a tenté de montrer sa bonne volonté en souhaitant la victoire du pape François sur son blog le 4 novembre : «Si François achève ce chemin de croix et gagne sa bataille l’Eglise changera, n’en déplaise à ses ennemis».

Le journaliste a estimé que si le pontife argentin a éloigné certains prélats opposés aux réformes, cependant l’inertie et la mauvaise foi continuent à ralentir le chemin. Evoquant des témoignages déconcertants de personnes travaillant au Vatican et qui assistent impuissantes à l’horreur de malversations trompant la confiance des fidèles, le journaliste s’est dit poussé à rendre ces histoires dramatiques publiques. En apprenant qu’il rédigeait ce livre, a-t-il aussi confié à la presse, la banque du Vatican avait fait parvenir à Gianluigi Nuzzi un email proposant à de répondre à toutes ses questions. (apic/imedia/bl/ak)

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4 novembre 2015 | 17:41
par Maurice Page
Finances (70), Gianluigi Nuzzi (8), Vatican (355), Vatileaks (18)
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