Grande-Bretagne: L’Eglise a le «devoir» d’accueillir en son sein les auteurs d’abus sexuels
Des consignes pratiques pour prendre en charge ce problème
Londres, 30 juillet 1999 (APIC) D’après un rapport rendu public par l’Eglise anglicane d’Angleterre, l’Eglise a le «devoir» d’accueillir au sein de la communauté ceux qui ont commis des abus sexuels, révèle vendredi le quotidien britannique «The Times» à Londres.
«Les paroisses peuvent être l’une des dernières places où les auteurs d’abus sexuels peuvent se mêler à d’autres dans une communauté accueillante», peut-on lire dans le rapport intitulé «Meeting the Challenge» (Faire face au défi). Ce document offre des directives pratiques pour aider les Eglises à prendre en charge ce problème délicat.
Le rapport estime que les Eglises doivent ouvrir leurs bras aux auteurs repentis d’abus sexuels, pédophiles et autres abuseurs parce de telles personnes «ont besoin de refaire leur vie». Leur «voyage» est long et dur, peut-on lire, et «le pardon et la grâce de Dieu, par la médiation d’une communauté paroissiale, peut être une partie vitale de ce changement.»
Un contrat à signer et des précautions à prendre pour éviter de tenter les pédophiles
Certes, le rapport de l’Eglise anglicane reconnaît la difficulté de changer les habitudes des abuseurs et met en garde afin qu’ils ne soient pas mis dans des situations où ils pourraient être tentés de recommencer. Selon Mgr Robert Hardy, évêque de Lincoln et porte-parole des évêques pour les affaires pénales, les auteurs d’abus sexuels sont souvent attirés par la religion quand ils sont en prison et cherchent souvent à rejoindre une communauté chrétienne quand ils sont libérés.
Le rapport conseille aux paroisses et communautés de préparer un contrat que les abuseurs doivent signer pour pouvoir participer à la vie de l’Eglise. Ils devraient être expulsés s’ils commettent une infraction à ce contrat, qui devrait prévoir des précautions pour qu’ils ne soient en contact ni avec des enfants ni avec des jeunes. Les statistiques carcérales montrent un haut taux de récidive parmi la population des abuseurs sexuels.
Le livre d’un évêque fait scandale: une attitude «plus détendue» envers le sexe
Notons qu’un récent livre de Mgr Richard Holloway, évêque d’Edimbourg et primat de l’Eglise épiscopale d’Ecosse, suscite la polémique dans son Eglise: il plaide pour une attitude plus «détendue» face aux restrictions bibliques en matière de comportement sexuel, notamment chez les jeunes. Et d’estimer qu’»à moins de croire que les relations sexuelles soient toujours un mal, sauf dans des circonstances prescrites avec soin, nous ne pouvons pas simplement les rejeter comme comportement immoral.»
Mgr Holloway, un prélat âgé de 65 ans, s’est fait connaître pour ses opinions controversées. Son dernier livre «Godless Morality: Keeping Religion out of Ethics» suscite la colère des traditionalistes au sein des 70 millions de fidèles de l’Eglise d’Angleterre, notamment par son langage cru. Marié et père de trois enfants adultes, l’évêque d’Edimbourg est un fervent défenseur du droit des homosexuels, selon «The Times».
L’évêque a même qualifié une fois de «pauvres types» les opposants au sacerdoce des femmes. Il appelle notamment dans son dernier livre à la légalisation du cannabis. Il estime également qu’»amener Dieu dans le débat moral est problématique, quelle que soit la manière dont nous répondons à cette question. Si nous pensons à Dieu comme le dictateur de nos systèmes moraux, alors nous courons vers les difficultés». (apic/times/be)



