David Hope se retire dans une paroisse après 10 ans de charge
Grande-Bretagne: L’Eglise anglicane est à la veille d’imploser, déclare l’archevêque de York
Londres, 6 décembre 2004 (Apic) L’Eglise anglicane est à la veille d’»imploser», déclare l’archevêque de York. Numéro deux de l’Eglise d’Angleterre, David Hope mentionne parmi les causes du déchirement de sa communauté: la question de l’ordination de membres homosexuels du clergé et l’accès des femmes à l’épiscopat.
Dans une interview au journal britannique «The Telegraph» à la veille de sa retraite, le Dr. Hope, un prélat âgé de 64 ans, estime que le «message chrétien fondamental» de son Eglise court le danger de se perdre au milieu de ces controverses.
L’archevêque de York fait part de la crainte qu’en concentrant tous ses espoirs et ses énergies sur ces deux problèmes particuliers, son Eglise n’»implose». Le Dr. Hope, en mentionnant les controverses christologiques des cinq premiers siècles de l’histoire de l’Eglise, estimer finalement que quelles que soient les divisions, «à la fin de la journée, quel est le travail de l’Eglise ? C’est d’amener les gens à Jésus Christ.»
«L’appel à être des disciples pas facile à vivre»
David Hope pense que les conflits internes de l’Eglise repoussent autant les jeunes que les plus âgés. «Si vous allez dans un hospice où l’on travaille avec les mourants, ils ne vous demandent pas si vous êtes en faveur des femmes évêques, si vous êtes gay ou une quelconque question de ce genre.»
Tout en insistant sur le fait qu’une relation homosexuelle active est inacceptable dans la tradition chrétienne, il déclare que de nombreux membres du clergé – et lui-même aussi – considèrent comme une lutte quotidienne le fait de vivre en accord avec l’Evangile. «L’appel à être des disciples n’est pas facile à vivre», a-t-il admis.
Faisant montre d’une vision libérale dans sa croyance en l’autonomie de l’individu, David Hope est plutôt sarcastique à propos des tentatives récentes du gouvernement d’intervenir dans la vie quotidienne des Britanniques, notamment en proposant l’interdiction de fumer dans les restaurants et les «gastropubs». L’archevêque de York se montre pour le moins sceptique sur l’intervention du gouvernement dans presque tous les aspects de la vie. «Je pense qu’il y a quelques libertés fondamentales, des choix et des décisions que les humains devraient être capables de prendre eux-mêmes».
«Gâchis total» en Irak
L’archevêque de York s’exprime également sans détour sur le «gâchis total» en Irak, même si au départ le prélat était favorable à la guerre, en raison des arguments avancés par le Premier ministre Anthony Blair. «Comme un grand nombre de personnes, je me sens gravement trompé», dit-il, en mentionnant les mensonges officiels sur les armes de destruction massive ou la capacité qu’aurait eue Saddam de déployer des armes chimiques ou biologiques en 45 minutes. Tout en s’alignant sur Washington et en s’engageant dans la guerre, le Premier ministre était d’emblée au courant de l’inexistence d’armes de destruction massive opérationnelles en 45 minutes.
Après une décennie comme archevêque, David Hope va se retirer le 15 janvier prochain. Quittant le magnifique «Bishopthorpe Palace» du 17ème siècle, il prendra alors une charge de curé de paroisse à l’église St- Margaret à Ilkley. Son salaire sera alors inférieur de quelque 88’000 francs suisses à celui dont il dispose aujourd’hui. Tirant un bilan de ses dix ans comme archevêque de York, David Hope se veut optimiste, même s’il a parfois ressenti qu’»il y a probablement plus d’esprit chrétien sur un étal de marché que dans l’Eglise». (apic/tel/be)



