Grande Bretagne: L’eugénisme banalisé dans les cliniques spécialisées?

Dérive possible, avec la sélection d’un embryon «sain»

Paris, 8 novembre 2007 (Apic) La fondation française Jérôme Lejeune, qui soutient la recherche médicale sur la trisomie 21 et les maladies de l’intelligence génétiques, revient sur le précédent que constitue l’autorisation de sélectionner un embryon non porteur de la maladie d’Alzheimer en Grande Bretagne.

La revue de presse de la Fondation française Jérôme Lejeune (recherche médicale sur la trisomie 21 et les maladies de l’intelligence génétiques), reprend un article du 6 novembre du quotidien français «Libération», intitulé L’eugénisme banalisé. Le quotidien cité revient en effet sur son édition du 6 novembre sur l’autorisation accordée – pour la première fois en Europe – par la Haute autorité britannique en fertilisation et embryologie humaines (HFEA) pour sélectionner un embryon non porteur de la maladie d’Alzheimer.

Rappel: jusqu’il y a peu, le recours au dépistage pré-implantatoire (DPI) était autorisé dans les seuls cas de maladie génétique d’une particulière gravité et incurable. Mais, depuis plusieurs mois, le recours au DPI s’étend, en Grande-Bretagne, à des maladies dont on n’est même pas sûr qu’elles puissent apparaître

Avec cette autorisation, une nouvelle étape est franchie. La maladie d’Alzheimer a en effet peu de chances de se développer avant 40 ans et, d’ici là, il est possible que des traitements soient trouvés. Il se peut par ailleurs que le gène ne soit pas transmis par les parents et que l’enfant n’ait aucune chance de développer la maladie pour lequel on l’élimine. Le spectre de l’eugénisme, de la sélection de l’enfant parfait, est-il aux portes de ces cliniques ?» s’interroge le quotidien français.

La recherche dépasse-t-elle les cautèles éthiques?

Jusqu’où aller dans l’autorisation des DPI et à qui revient la décision ? «Dès lors que nous avons un lien clair entre une mutation et une pathologie et que nous pouvons offrir un test de détection efficace, je ne vois pas pourquoi nous refuserions des demandes», répond Alan Thornhill du Bridge Center, clinique spécialisée dans le domaine de la fertilité. Selon Paul Serhal, directeur de l’unité de reproduction assistée de l’hôpital public d’Eastman, en Grande Bretagne, «d’autres autorisations sont sur le point d’être délivrées». Il se défend toutefois de «banaliser» le recours au DPI.

A ce jour, les cliniques britanniques proposent de dépister une cinquantaine de maladies génétiques. Aux Etats-Unis, certaines cliniques offriraient jusqu’à plusieurs centaines de tests concernant des prédispositions aux cancers, à l’obésité ou même à l’arthrose, «frôlant l’indication fantaisiste», sans compter celles qui proposent de sélectionner l’enfant selon son sexe.

En France, une trentaine de pathologies sont dépistées, notamment la mucoviscidose, la maladie de Huntington, l’hémophilie, de nombreuses altérations chromosomiques héréditaires et, plus récemment des cancers. A la question «jusqu’où peut on aller ?», Stéphane Viville, qui dirige l’un des trois centres français habilités à pratiquer le DPI, répond : «on devient limite lorsque le handicap de la famille est d’abord un handicap social et non physique ou mental. Le DPI n’est pas là pour régler un problème de société mais pour éviter un handicap sévère de qualité de vie».

Le DPI sélectionne les embryons «sains» pour les réimplanter dans l’utérus maternel. Aucun embryon n’est guéri par le DPI. Ceux qui sont malades sont détruits ou utilisés pour la recherche. (apic/catholique.org/zenit/vb)

8 novembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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