Les évêques doivent davantage se profiler dans le public

Grande-Bretagne: L’évêque catholique de Lancaster reproche à ses confrères leur hésitation

Londres, 24 août 2008 (Apic) L’évêque catholique de Lancaster, au nord-ouest de l’Angleterre, a reproché à ses confrères dans l’épiscopat d’être par trop hésitants sur des thèmes centraux comme la liturgie, la formation ou la migration. Ces thèmes importants sont délégués à «l’institution» qu’est la Conférence des évêques d’Angleterre et du Pays de Galles.

Mgr Patrick O’Donoghue va publier ces prochains jours un document de principe à ce sujet. L’évêque de Lancaster d’origine irlandaise déplore le fait qu’il lui semble souvent que l’évêque individuel remet ses compétences sur de tels sujets à la commission compétente de la Conférence des évêques.

Ne pas diluer le message

A ses yeux, «l’institution Conférence des évêques» a peur d’émettre des formulations claires en tenant par trop compte des divers points de vue existant parmi les évêques. Il s’ensuit souvent des déclarations «plates» et manquant d’orientation claire. Pour lui, il faut des déclarations publiques courageuses, qui expriment la vérité.

L’évêque de Lancaster regrette l’incapacité de ses confrères de se mettre d’accord sur des questions centrales de société et de politique ecclésiale. Et d’estimer que cela conduit à des positionnements de l’Eglise insuffisants et peu clairs.

Il mentionne ainsi la question du droit d’adoption pour les couples du même sexe, qui a mis sous pression les agences d’adoption catholiques. La nouvelle législation britannique peut en effet forcer une agence diocésaine à confier des enfants en vue d’adoption à des couples homosexuels.

Les agences qui refuseraient de le faire enfreindraient la loi. Suite à l’entrée en vigueur des règlements sur l’orientation sexuelle, la législation britannique interdit en effet toute discrimination visant les homosexuels en matière d’accès aux biens et services. Ces règlements, les «Sexual Orientation Regulations», sont critiqués depuis plus d’un an déjà par des groupes religieux qui estiment que les gens ne peuvent plus agir selon leurs convictions religieuses.

Les conséquences désastreuses d’un manque de «familles fortes»

Notons que l’évêque de Lancaster s’était déjà fait connaître pour ses prises de positions publiques sur la contraception, l’avortement et la stérilisation, qui «attaquent les véritables fondations de l’humanité». «Je suis convaincu qu’il doit y avoir des conséquences profondément dommageables pour la famille dans un pays où la contraception et l’avortement sont si répandus», écrit-il dans un document qui va paraître prochainement. Pour Mgr O’Donoghue, la contraception artificielle, l’avortement, la fertilisation in vitro, la stérilisation et les relations sexuelles hors mariage sont en contradiction avec l’essentiel de ce qui signifie ’être humain’.

Citant des statistiques officielles de 2006, Mgr O’Donoghue déplore que 193’700 enfants non encore nés ont été tués cette année-là par le biais de l’avortement, dont 2’000 embryons supprimés parce qu’ils «auraient pu» souffrir de certains formes d’infirmité, et 3’,990 avortements subis par des filles de moins de 16 ans. L’évêque relève que la diminution des mariages, du nombre d’enfants, le fait que de plus en plus d’entre eux soient élevés dans des familles manquant de la stabilité inhérente à un vrai mariage a porté un coup à la joie de vivre des enfants, et finalement à celle de toute la nation.

Pour lui, le malaise spirituel et émotionnel de cette société britannique en manque de familles fortes a des conséquences désastreuses: plus d’un quart de tous les enfants de moins de 16 ans en Grande-Bretagne «se sentent régulièrement déprimés» et entre 2006 et 2007, 4’241 enfants de moins de 14 ans ont tenté de se suicider. «Il ne faut pas s’étonner si tant d’enfants souffrent de dépression et de maladie mentale dans un pays qui est un environnement si hostile à la vie humaine», écrit-il. (apic/kna/com/be)

24 août 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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