Projet de prière commune symbolique: pures spéculations!
Grande-Bretagne: La reine d’Angleterre et Jean Paul II se rencontrent la semaine prochaine
Londres/Rome, 12 octobre 2000 (APIC) La reine d’Angleterre rencontrera le pape Jean Paul II mardi 17 octobre. La souveraine britannique, qui est également chef de l’Eglise anglicane, se rendra au Saint-Siège à l’occasion de sa visite d’Etat en Italie du 16 au 19 octobre. Le Vatican a démenti officiellement jeudi les «spéculations» sur un projet de prière commune symbolique entre la reine d’Angleterre et le pape. On précise à Buckingham Palace que la reine rend visite au pape en tant que chef d’Etat, pas en tant que chef de l’Eglise d’Angleterre.
«Il n’y a jamais eu de projet de prière commune entre la reine d’Angleterre et le pape», a affirmé le 12 octobre le porte-parole du Saint-Siège, interrogé par l’APIC sur la visite d’Elisabeth II au Vatican le 17 octobre prochain. Le 12 octobre en effet, la presse italienne s’est fait l’écho de l’article paru la veille dans le quotidien anglais «The Guardian», laissant supposer qu’une telle prière avait été envisagée entre le chef de l’Eglise anglicane et Jean Paul II, puis «écartée par peur qu’elle ne suscite des réactions négatives dans certains milieux de l’Eglise d’Angleterre». Cette prière aurait été un acte significatif de réconciliation «après 500 ans d’âpres division» suscitées par le schisme d’Henri VIII.
«Cette visite n’a pas une grande importance en matière de relations œcuméniques»
A la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège, on qualifie ces suppositions de «montage», tandis que le directeur du Centre anglican de Rome, où se rendra la reine d’Angleterre après sa visite au Vatican, estime que «ce sont des spéculations de la presse britannique». Pour Mgr John Baycroft en effet, qui est le représentant de l’archevêque de Canterbury auprès du Saint-Siège, «la visite de la reine n’a pas une grande importance en matière de relations œcuméniques».
Cette visite de la reine d’Angleterre sera la troisième qu’elle effectuera au Vatican, après celles de 1961 et 1980. En 1961, elle avait rencontré le pape Jean XXIII au Vatican, tandis que le 17 octobre 1980, elle s’était entretenue avec Jean Paul II en compagnie du duc d’Edimbourg. Jean Paul II par ailleurs s’est rendu lui-même à Londres le 28 mai 1982 au cours de sa visite en Grande-Bretagne, et s’est entretenu en privé avec la reine à Buckingham Palace pendant environ une demi-heure.
Regrets mutuels pour les conflits religieux du passé
Le mois dernier, le quotidien britannique «The Sunday Times» affirmait que les deux interlocuteurs exprimeraient lors de leur rencontre des regrets mutuels pour les conflits religieux du passé. Selon le quotidien britannique, le pape est conscient qu’en recevant au Vatican la reine d’Angleterre, il ne reçoit pas un chef d’Etat comme les autres, mais aussi le chef de l’Eglise anglicane. La reine porte en effet le titre de «gouverneur suprême de l’Eglise d’Angleterre». Dans l’échange de déclarations écrites remises à l’occasion des entretiens privés qui auront lieu dans la bibliothèque du pape au Vatican, tant le Souverain pontife que la reine devraient faire part de leurs regrets mutuels concernant certains actes contraires à l’enseignement chrétien commis au nom des deux Eglises, affirmait le quotidien londonien.
En 1998, la Conférence des évêques catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles a publié une prise de position reconnaissant que des graves fautes ont été commises dans le passé au nom de la religion catholique, par exemple à l’égard des protestants au temps de la Réforme tant en Grande-Bretagne qu’ailleurs dans le monde. Selon «The Times», la reine devrait répondre de façon réciproque à l’expression des regrets du pape pour les conflits du passé. «Il n’y a jamais eu de reconnaissance des fautes commises contre la population catholique et un tel geste serait vraiment bienvenu», a déclaré au journal britannique un évêque catholique de Grande-Bretagne. La déclaration pourrait faire référence à la suppression du catholicisme en Angleterre après la Réforme au 16ème siècle et l’exclusion des catholiques de la vie publique jusqu’au 19ème siècle. On parle également de regrets concernant les abus commis durant des siècles par les Britanniques envers les catholiques irlandais. (apic/times/imedia/be)



