Regrets mutuels pour les conflits religieux du passé
Grande-Bretagne: La reine d’Angleterre et Jean Paul II se rencontrent le mois prochain
Londres, 4 septembre 2000 (APIC) La reine d’Angleterre et le pape Jean Paul II exprimeront des regrets mutuels pour les conflits religieux du passé, lors de leur rencontre le mois prochain à Rome, écrit le journal britannique «The Sunday Times» dans sa dernière édition. La souveraine britannique se rendra au Saint-Siège à l’occasion de sa visite d’Etat en Italie.
Selon le quotidien britannique, le pape est conscient qu’en recevant au Vatican la reine d’Angleterre, il ne reçoit pas un chef d’Etat comme les autres, mais aussi le chef de l’Eglise anglicane. La reine porte en effet le titre de «gouverneur suprême de l’Eglise d’Angleterre».
Dans l’échange de déclarations écrites remises à l’occasion des entretiens privés qui auront lieu dans la bibliothèque du pape au Vatican, tant le Souverain pontife que la reine devraient faire part de leurs regrets mutuels concernant certains actes contraires à l’enseignement chrétien commis au nom des deux Eglises.
En 1998, la Conférence des évêques catholiques d’Angleterre et du Pays de Galle a publié une prise de position reconnaissant que des graves fautes ont été commises dans le passé au nom de la religion catholique, par exemple à l’égard des protestants au temps de la Réforme tant en Grande-Bretagne qu’ailleurs dans le monde.
Les catholiques exclus de la vie publique jusqu’au 19ème siècle
Cette rencontre entre Jean Paul II et la reine d’Angleterre sera la troisième du genre. La reine d’Angleterre a déjà visité le Vatican en 1980, ce qui était en fait la première visite d’Etat complète au Vatican d’un monarque britannique. Deux ans plus tard, Jean Paul II entreprenait sa visite pastorale historique en Grande-Bretagne. Une petite délégation de Buckingham Palace était attendue ce lundi Rome pour régler les détails de la visite. Selon «The Times», la reine devrait répondre de façon réciproque à l’expression des regrets du pape pour les conflits du passé.
«Il n’y a jamais eu de reconnaissance des fautes commises contre la population catholique et un tel geste serait vraiment bienvenu», a déclaré au journal britannique un évêque catholique de Grande-Bretagne. La déclaration pourrait faire référence à la suppression du catholicisme en Angleterre après la Réforme au 16ème siècle et l’exclusion des catholiques de la vie publique jusqu’au 19ème siècle. On parle également de regrets concernant les abus commis durant des siècles par les Britanniques envers les catholiques irlandais.
Excuses à l’égard des Irlandais
Le pape Jean Paul II, qui a déjà fait en mars dernier un important «mea culpa» au nom de l’Eglise catholique, insiste pour que cette année jubilaire soit l’occasion d’une reconnaissance des fautes commises. Cette demande de pardon coïncide également avec le souhait du Premier ministre Tony Blair de faire de même pour les erreurs du passé. Il a déjà demandé pardon pour la grande famine de 1845-1847, causée par la maladie de la pomme de terre dans le cadre de l’exploitation coloniale anglaise, et l’emprisonnement abusif des «Quatre de Guildford» accusés à tort d’être des terroristes de l’IRA. Condamnés à la prison à vie pour deux attentats à la bombe contre des pubs qui avaient coûté la vie à cinq personnes à Guildford, en octobre 1974, ils furent innocentés et libérés en 1989 après plus de 14 ans en prison. Selon le «Times», Tony Blair devrait prendre part à la rédaction du message de la reine d’Angleterre destiné au pape. (apic/times/be)



