L’Eglise catholique veut y imposer une éthique stricte

Grande-Bretagne: Le directeur d’un hôpital du nord de Londres démissionne

Londres, 20 décembre 2007 (Apic) Le directeur d’un hôpital privé londonien en vue quitte son poste en signe de désaccord avec le cardinal catholique Cormac Murphy O’Connor, chef de l’Eglise catholique d’Angleterre et du Pays de Galles. Ce dernier a imposé à l’hôpital, patronné par l’Eglise catholique, un nouveau code éthique, que refuse la hiérarchie de l’hôpital et les médecins.

Lord Bridgeman a démissionné de son poste de président du Conseil des directeurs de l’Hôpital St. John and St. Elizabeth, dans le nord de Londres, à la suite d’une réunion de direction le 12 décembre. Un nouveau code éthique y a en effet été imposé en novembre par le chef de l’Eglise catholique d’Angleterre et du pays de Galles, Mgr Cormac Murphy O’Connor. Les docteurs n’ont plus le droit de pratiquer des interruptions de grossesses, de fournir des contraceptifs, ainsi que la pilule du lendemain.

La démission de Lord Bridgeman a été confirmée le 17 décembre par la direction de l’hôpital. Auparavant, une vague de démissions avaient déjà eu lieu après l’adoption forcée du code éthique catholique, en novembre, après qu’il ait été démontré que l’hôpital contournait les enseignements de l’Eglise, allant jusqu’à pratiquer des opérations de changement de sexe.

Après une enquête menée à la requête du Vatican, qui avait lui-même été informé des pratiques médicales de l’hôpital par une association montée au créneau pour défendre l’éthique catholique, il a été démontré que celui-ci «violait les principes moraux catholiques».

Le docteur Martin Scurr ainsi que Lord Fitzalan-Howard, membres du Conseil de direction du l’Hôpital St. John and St. avaient voté contre l’adoption du nouveau code d’éthique. Ils ont également démissionné. L’archevêque de Westminster a insisté pour que l’hôpital adopte et renforce le code d’éthique catholique de «respect de la vie». Un évêque auxiliaire de Westminster a été nommé pour siéger au Conseil de direction afin d’assurer que l’hôpital adopte bien un processus de réforme éthique.

Les démissionnaires accusent l’Eglise catholique de vouloir placer sa morale au-dessus des soins au patient. «Le dommage pour l’Eglise sera pire encore si l’hôpital est amené à fermer», a averti le docteur Scurr. A moins qu’il ne choisisse de retirer son patronage. The Restituta Group, association laïque catholique anti-avortement, a amené à la mise en cause de l’hôpital pour vouloir «imposer une éthique laïque et pro avortement». C’est ce mouvement catholique qui a alerté le Vatican par le biais du Nonce apostolique en Angleterre, et il a même écrit au Secrétaire d’Etat du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone.

Pour Lord Bridgeman les pertes financière induites par le refus de pratiquer la médecine selon le National Health Service britannique (la politique de santé publique qui a cours en Grande Bretagne) obligerait l’hôpital à faire faillite. Lord Guthrie, catholique, un ancien chef des forces armées britanniques, prend la place de Lord Bridgeman à la direction de l’hôpital.

L’hôpital St. John and St. Elizabeth se base sur la politique de santé publique britannique, il fonctionne avec des patients privés, sur des assurances privées, et reçoit en outre d’importantes donations. Il est situé dans le nord de Londres, proche des quartiers chics de Hampstead et Primrose Hill et accueille des patients avec ou sans religion, mais qui ont les moyens de payer. En effet des célébrités comme Cate Blanchett, Emma Thompson, Kate Moss, Heather Mills y ont accouché. (apic/cns/ag/vb)

20 décembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!