Grande-Bretagne: Le racisme de plus en plus présent inquiète les Eglises

Une pasteure noire dénonce le «système de caste» au Royaume Uni

Londres, 27 juillet 2000 (APIC) Malgré le racisme aux Etats-Unis, les jeunes noirs de Grande-Bretagne préféreraient s’en aller aux Etats-Unis, car la situation y est encore meilleure qu’ici, affirme Marjorie Lewis-Cooper, pasteure jamaïcaine de l’Eglise unie, après 3 ans passés au service d’une Eglise britannique.

Noire, la pasteure dénonce le «système de caste» qui prévaut en Grande-Bretagne. Le thème du racisme est de plus en plus présent en Angleterre. Il a également fait l’objet d’une intervention du primat des catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles, Mgr Murphy-O’Connor.

La situation de la Grande-Bretagne se présente sous un jour désavantageux, explique-t-elle, car le racisme, le sexisme et un système de classe – «systéme de caste non exprimé» – sont bien encore présents. Selon Marjorie Lewis-Cooper, des pays comme les Etats-Unis et la Jamaïque ont eu assez de temps pour régler les questions multiraciales, alors que ce n’est que depuis cinquante ans que la Grande-Bretagne connaît un afflux de personnes non blanches.

Marjorie Lewis-Cooper, qui était la secrétaire générale du Conseil des Eglises de Jamaïque, a travaillé pendant trois ans auprès de l’Eglise réformée unie à la réalisation d’un projet de justice raciale. Le racisme institutionnel est au centre d’un intense débat en Grande-Bretagne. Le meurtre dans la rue de Londres d’un jeune noir, Stephen Lawrence, et les réactions de la police ont donné lieu à des interrogations sur l’attitude de celle-ci et de certaines institutions, parfois taxées de racisme.

Marjorie Lewis-Cooper a été attristée de constater la présence de sentiments racistes chez certains membres de l’Eglise réformée unie, pas toujours fortuits. «Le racisme est souvent non intentionnel, mais certains membres de l’Eglise le sont délibérément».

De cette expérience, Marjorie Lewis-Cooper a pu déduire qu’il est important que les jeunes noirs aient des groupes séparés au sein des Eglises. Ceci, dit-elle, est plus commun aux Etats-Unis et en Jamaïque, mais est souvent rejeté en Grande-Bretagne où l’on craint qu’il ne provoque la discorde. «Les groupes séparés ne sont pas séparatistes. Les femmes ont leurs propres groupes dans l’Eglise. Il pourrait en être de même pour les jeunes noirs».

Sous représentation dans l’Eglise

La justice raciale a également été le sujet abordé récemment par le nouveau primat des catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles, l’archevêque Cormac Murphy-O’Connor, devant les représentants de l’Association catholique pour la justice raciale. Soulignant que les catholiques noirs et asiatiques sont sous-représentés à de nombreux niveaux de l’Eglise, il a demandé aux évêques catholiques de se pencher sur la question. Ceux-ci ont, dans les lignes directrices pour une société multi-ethnique publiées en novembre dernier, montré qu’ils appuient l’égalité et le respect pour tous, a-t-il dit. «J’espère que les organisations et institutions catholiques relèveront le défi». (apic/eni/pr)

27 juillet 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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