Selon l’évêque anglican de Chelmsford
Grande-Bretagne: Les femmes devraient accéder au rang d’évêque
Londres, 18 octobre 2004 (Apic) Un responsable religieux considéré comme l’un des papables pour succéder à l’archevêque de York s’est prononcé pour la nomination de femmes évêques. Par ailleurs les conclusions de l’Eglise d’Angleterre sur le sujet sont attendues pour mercredi 20 octobre.
Mgr John Gladwin, évêque de Chelmsford, a déclaré que la politique de l’Eglise d’Angleterre empêchant les femmes de devenir évêques était «illogique et insoutenable». Les opinions de l’évêque paraissent dans un livre sorti peu avant l’étude très attendue menée depuis 3 ans par l’Eglise d’Angleterre sur la question de l’accession des femmes au rang d’évêque.
Pour les conservateurs, il n’est pas possible d’accepter des femmes évêques parce que cela serait contraire à la tradition apostolique.
Dans son livre The Call Of Women Bishops, l’évêque Gladwin se prononce pour une réforme de l’Eglise. «Je crois qu’il est temps d’agir» écrit-il. La vie de l’épiscopat est affaiblie dans le monde contemporain par l’absence de femmes, que Dieu appelle à son office», écrit-il. «Deux fois», poursuit-il, «dans la récente histoire de l’Eglise d’Angleterre, nous avons interdit à des personnes, pour des raisons liées à leur sexe, de passer d’un ordre à un autre: les femmes ont été ordonnées diacres et ainsi amenées dans l’ordre saint parce qu’elles ne pouvaient accéder à la prêtrise. Puis, lorsque cette barrière est tombée, en 1992, un autre obstacle a été créé pour les empêcher d’être appelées à devenir évêques dans l’Eglise de Dieu. La position de l’Eglise est illogique et insoutenable».
Mgr Gladwin, âgé de 62 ans, président de l’association caritative Christian Aid, est l’un des plus éminents représentants de la pensée libérale au sein de l’Eglise anglicane. Il a de bonnes chances d’être le nouvel archevêque de York, selon les observateurs, devant des «rivaux» comme Mgr Graham James, évêque de Norwich, et Mgr Tim Stevens, évêque de Leicester.
Les probables décisions de de l’Eglise anglicane: un compromis
Cependant, selon les tenants de l’organisation anglicane traditionnaliste, Forward in Faith, les vues de Mgr Gladwin sont provocantes. Ainsi, déclare l’un des membres de cette organisation: «Plutôt que de nous rassembler, les propos de Mgr Gladwin tendent à nous diviser». Il ajoute: «L’actuel archevêque de York est contre les femmes évêques, ce qui est une position opposée à celle de l’archevêque de Canterbury. Les deux positions coexistent donc au sein de notre Eglise. Mais il serait erroné d’avoir deux archevêques soutenant l’accession des femmes au rang d’évêque», conclut le Père Richard Seabrook.
L’étude sur le sujet, menée par l’Eglise d’Angleterre, qui va sortir mercredi 20 octobre, résulte de 3 ans d’analyses et d’enquêtes faites par un groupe de travail dirigé par l’évêque de Rochester, Mgr Michael Ali- Nazir. On s’attend à ce qu’il recommande que les femmes puissent être autorisées à devenir des évêques d’ordre mineur, soit des évêques «suffragants» (Ndlr. Se dit d’un évêque diocésain dépendant d’un siège métropolitain), mais on interdirait aux femmes l’accès à des positions au sommet de la hiérarchie dans l’Eglise anglicane, comme archevêque ou évêque de grade supérieur.
La recherche a été commanditée dans le but de surmonter le schisme au sein de l’Eglise, issu de l’ordination pour la première fois de femmes prêtres en 1992. L’actuel archevêque de York, Mgr David Hope, quittera son poste en février 2005. Pour sa part il s’est dit opposé à l’accession des femmes au rang d’évêque. (apic/bbcnews/vb)



