Des jeunes sont recrutés par des islamistes dans les mosquées
Grande-Bretagne: Les musulmans modérés demandent des mesures contre les extrémistes
Londres, 28 décembre 2001 (APIC) Plusieurs dirigeants musulmans de Grande- Bretagne dénoncent le recrutement effectué par des islamistes auprès des jeunes dans les mosquées. Ils demandent au gouvernement, qu’ils jugent trop laxiste, de prendre des mesures pour empêcher les «groupes islamiques radicaux» de diffuser leur doctrine à la manière des talibans.
Le Dr Zaki Badawi, qui dirige l’une des principales associations musulmanes modérées du pays, le Muslim College, a demandé à la police de protéger les mosquées des radicaux islamistes qui pénètrent beaucoup trop facilement en Grande-Bretagne, annonce le quotidien libanais «L’Orient-le-Jour» dans son édition du 28 décembre. Zaki Badawi estime également que «le gouvernement devrait fermer les cours du soir dirigés par les groupes islamiques radicaux» qui endoctrinent les enfants à la manière des talibans. Il y aurait, affirme-t-il, 300 écoles de ce type en Grande-Bretagne.
Les recrues idéales sont, semble-t-il, de deux types : des musulmans désenchantés de la société et des jeunes convertis soucieux de prouver leur foi. Richard Reid, qui a récemment tenté de faire sauter un avion d’American Airlines assurant la liaison Paris-Miami, appartient à la deuxième catégorie. Jugé «amical et affable» par Abdoulhaqq Baker, responsable musulman à Brixton, lorsqu’il a commencé à fréquenter sa mosquée, il a été repéré par des extrémistes. Il a peu à peu abandonné ses habits occidentaux pour des vêtements musulmans traditionnels et a contesté la position de la mosquée contre le terrorisme et le jihad (guerre sainte).
Selon Abdoulhaqq Baker, Richard Reid et des recrues du même genre sont vulnérables à cette forme particulièrement militante de l’islam. «Ce ne sont pas de fortes personnalités. Ils sont impressionnables. Ils aiment la rhétorique enflammée de la guerre sainte et aiment entendre qu’ils vivent parmi les infidèles», explique-t-il.
Abdoulhaqq Bakera affirme qu’il connaît «des centaines de Richard Reid», ajoutant que «le recrutement de jeunes modérés avait échappé à tout contrôle». «Nous avons été en contact avec la police à plusieurs reprises au cours des cinq dernières années pour les prévenir de la menace posée par des groupes militants opérant dans notre secteur… mais rien n’a été fait pour les boucler», a-t-il déclaré. Selon certaines informations, un des compagnons de prière de Richard Reid à la mosquée de Brixton était le Franco-Marocain Zacarias Moussaoui, accusé par les Etats-Unis de complicité avec les auteurs des attentats-suicide du 11 septembre.
Des agents recruteurs aux abords des mosquées
Un des groupes chargés du recrutement des jeunes est al-Muhajiroun. Dirigé par Omar Bakri Mohammed, il a apporté un important soutien au régime des talibans. Son responsable a prétendu avoir recruté des centaines de jeunes musulmans britanniques pour combattre aux côtés de la milice afghane anciennement au pouvoir à Kaboul. Ses «agents recruteurs» commencent en général par distribuer des tracts à l’extérieur des mosquées ou d’autres endroits fréquentés par des musulmans. Des conversations amicales s’ensuivent, puis des discussions plus sérieuses, avec en prime la perspective de logements ou de petits versements d’argent. «Ils sont très persuasifs. Il n’y a pas de message religieux pesant au départ, c’est plus un appel amical à de jeunes musulmans», a indiqué au journal «Times» une de ces recrues sous couvert d’anonymat. Les jeunes les plus prometteurs sont envoyés à l’étranger pour, notamment, s’entraîner au maniement d’armes. (apic/orj/bb)



