Un geste de réconciliation entre anglicans et catholiques?

Grande-Bretagne: Thomas More patron des politiciens?

Rome, 4 octobre (2000) Thomas More pourrait être proclamé saint patron des parlementaires, annonce l’agence italienne Ansa. La nouvelle précède de quelques jours la visite qu’effectuera au Vatican la reine Elisabeth II d’Angleterre, attendue à Rome mi-octobre. La proclamation serait faite lors du Jubilé des gouvernants et des parlementaires le dimanche 5 novembre.

Saint Thomas More (1478-1535) est fêté par l’Eglise catholique le 22 juin, avec saint Jean Fisher, comme martyr. Il était londonien et fut élevé à Oxford. Il étudia le droit aux Inns of Courts de Londres et fut admis au barreau en 1501. Devenu veuf, il se remaria et se dévoua à sa famille.

En 1516, il publiait l’oeuvre qui le rendit fameux dans toute l’Europe comme humaniste à la culture encyclopédique: «L’Utopie». Il était alors favori du roi Henri VIII et du cardinal Wolsey, auquel il succéda comme chancelier en 1529. Mais, il refusa de ratifier le divorce du roi, alors époux de Catherine d’Aragon, donna sa démission, refusa de reconnaître la suprématie du roi sur l’Eglise d’Angleterre. Cela lui valut l’arrestation et l’emprisonnement à la Tour de Londres, puis la décapitation, 19 mois plus tard. Il a été canonisé en 1935.

La décision de faire de lui le saint patron des parlementaires surviendra au lendemain de la visite de la reine d’Angleterre, annoncé, de source anglaise, pour la mi-octobre, à l’occasion d’une visite d’Etat de la reine en Italie. A cette occasion, le pape et le chef de l’Eglise anglicane devraient exprimer des regrets pour les fautes commises des deux côtés dans le passé.

Ce sera la troisième fois que le pape et la reine se rencontrent. Elisabeth II s’est en effet rendue au Vatican pour une visite d’Etat en 1980. En 1982, c’était au tour de Jean Paul II d’être le premier pape à franchir la Manche.

En 1998 déjà, la Conférence des évêques catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles avait reconnu que des fautes avaient été commises par des catholiques à l’encontre des protestants. (apic/zn/pr)

4 octobre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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