Au nom de la lutte contre le terrorisme
Grande-Bretagne: Treize détenus sans inculpation depuis une année
Londres, 18 décembre 2002 (APIC) Il y a tout juste une année, le 19 décembre 2001, treize personnes étaient arrêtées au Royaume-Uni et sont toujours détenues en vertu de la Loi de 2001 relative à la sécurité et à la lutte contre la criminalité et le terrorisme. Elles n’ont toujours pas été inculpées ni jugées, accuse Amnesty International dans un communiqué.
A la veille du premier anniversaire de cette mise en détention, Amnesty International appelle une nouvelle fois les autorités britanniques à libérer immédiatement toutes les personnes détenues en vertu de cette loi, à moins qu’elles ne soient inculpées d’une infraction reconnue par la loi et jugées par un tribunal indépendant et impartial.
Plusieurs détenus se sont adressés aujourd’hui 18 décembre à Amnesty International: «Nos femmes ont perdu leur mari et nos enfants leur père depuis maintenant un an. Nos vies et nos familles sont détruites, et nous n’entrevoyons aucun espoir à l’horizon.»
«Ils vous ont enfermés et ils ont jeté les clés»
Quant à l’avocat de plusieurs de ces prisonniers, il a déclaré à Amnesty International: «Nous étions très inquiets il y a un an quant au sort réservé à ces personnes. Mais nous étions encore loin du compte… Si nous avions pu imaginer un seul instant qu’un an plus tard, nous en serions toujours au même point, nous aurions annoncé aux détenus: ’Ils vous ont enfermés et ils ont jeté les clés’. En fait, nous avons tous le sentiment d’avoir été trompés car on nous a fait croire qu’il y aurait rapidement une audience pouvant aboutir à leur libération.»
Parmi les treize personnes arrêtées le 19 décembre 2001, deux ont depuis quitté «volontairement» le Royaume-Uni. Onze autres, toutes de nationalité non britannique, restent détenues sans inculpation ni jugement. Dix d’entre elles sont enfermées dans deux prisons de haute sécurité, HMP Belmarsh à Londres et HMP Woodhill dans le Buckinghamshire, en Angleterre. Le onzième détenu, Mahmoud Abu Rideh, a été transféré à Broadmoor, dans un hôpital psychiatrique de haute sécurité situé dans le Berkshire, en Angleterre.
En septembre 2002, Amnesty International a publié deux rapports détaillés décrivant le sort peu enviable des personnes détenues en vertu de la Loi relative à la sécurité et à la lutte contre la criminalité et le terrorisme. Depuis, l’organisation exhorte les autorités britanniques à annuler les dispositions de cette loi relatives à la détention. (apic/com/bb)




